Le scandale Autonomy fait monter la tension à une semaine de l’assemblée générale de HP
L’affaire Autonomy ne manque pas de piquant. En plus d’empoisonner la vie de Hewlett-Packard depuis que le groupe a acquis l’éditeur de logiciels britannique en 2011, le dossier place le Serious Fraud Office dans une situation embarrassante. L’administration anti-corruption britannique a confirmé hier enquêter depuis plusieurs semaines sur les conditions du rachat d’Autonomy par HP.
Mais elle a également reconnu que le sujet pourrait la placer dans une situation de conflit d’intérêts inédite du fait de l’usage d’Introspect, l’un des logiciels d’Autonomy. L’autorité doit donc vérifier que ces relations commerciales ne risquent pas d’interférer dans son travail et préviendra Autonomy le moment venu pour lui indiquer si elle peut continuer son enquête. Dans son communiqué, le Serious Fraud Office ne veut pas en dire plus sur l’état d’avancement de son enquête sur le groupe d’informatique.
La confirmation de l’investigation des autorités britanniques s’ajoute à celle ouverte aux Etats-Unis en fin d’année dernière par le département de la Justice (DoJ) et par la Securities and Exchange Commission (SEC). Plusieurs actionnaires ont également porté plainte contre HP. Le groupe a déprécié au troisième trimestre 2012 de 8,8 milliards de dollars la valeur d’Autonomy, qui avait été acquis un an auparavant pour 11 milliards. Surtout, plus de la moitié des dépréciations, 5 milliards, provenaient d’erreurs et de déformations comptables présumées. Le groupe s’interroge sur les audits menés par Deloitte et KPMG au moment de l’acquisition.
Même si la plupart des protagonistes de ce fiasco financier ne sont plus en poste chez HP, l’affaire menace la direction actuelle. Les influents cabinets de conseil en vote, ISS et Glass Lewis, recommandent aux actionnaires du groupe d’informatique de voter contre la réélection du président du conseil, Ray Lane, et de plusieurs autres administrateurs, lors de l’assemblée générale du 20 mars.
Au total, HP a passé pas moins de 18 milliards de dépréciations d’actifs en 2012, soit environ 54% de sa valeur en Bourse, rappelle ISS, en raison selon lui d’erreurs de stratégie, d’une mauvaise utilisation du capital et d’acquisitions réalisées à mauvais escient.
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