Le risque sectoriel pèse sur la valorisation boursière de Technip

Outre l’enquête pour délit d’initiés ouverte sur Global Industries, le marché craint des tensions sur le financement des pétroliers indépendants
Yves-Marc Le Reour

Technip a enregistré depuis la mi-septembre une baisse cumulée de 16,2% de sa capitalisation boursière ramenée à 6,4 milliards d’euros. Proche de son plus bas annuel, l’action a terminé hier sur un nouveau repli de 0,3% à 57,8 euros. Les investisseurs ont fortement allégé leurs positions sur le titre suite à l’annonce du rachat de l’américain Global Industries pour une valeur d’entreprise de 1,07 milliard de dollars (792 millions d’euros).

Cette acquisition dans les infrastructures sous-marines, dont la finalisation est prévue début 2012, doit pourtant apporter au parapétrolier français des synergies de revenus et de coûts permettant d’augmenter de 5 à 7% son bénéfice par action dès 2013. «La transaction sera aisément financée étant donné que Technip dispose d’une trésorerie nette de 1,5 milliard de dollars», relèvent les analystes de CA Cheuvreux. Avec une survaleur implicite limitée à 250 millions de dollars, ils jugent «raisonnable» le prix payé.

Mais ces éléments ont été occultés par l’ouverture, annoncée en début de semaine dernière, d’une procédure de délit d’initié de la part du gendarme boursier américain (SEC). Certains opérateurs auraient empoché une plus-value s’élevant à 1,7 million de dollars, en ayant acheté des titres Global Industries deux jours ouvrables avant l’annonce officielle de cette prise de contrôle.

Le marché craint également une extension de la crise aux pays émergents, «ce qui pourrait faire baisser temporairement le cours du Brent en dessous de 60 dollars le baril», juge-t-on chez CA Cheuvreux. L’aggravation des difficultés du secteur bancaire pénaliserait le financement des investissements d’une partie de la clientèle de Technip, celle des sociétés indépendantes d’exploration-production. Or ces dernières représentent «environ 20% de l’activité du secteur parapétrolier», souligne le bureau d’analyse.

De leur côté, les analystes de Bank of America ont calculé que les banques françaises, qui ont annoncé une réduction de leur bilan, sont à l’origine de 20% des prêts accordés à l’industrie du pétrole en Europe, en Afrique et au Proche-Orient. Le repli concomitant des titres Saipem ou Vallourec (respectivement -14% et -21,2% depuis le 15 septembre) témoigne bien de la perception de risque accrue des investisseurs envers le segment parapétrolier.

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