Le risque financier du secteur agroalimentaire s’améliore
Seules 11% des sociétés du secteur risquent de faire défaut dans les douze mois, contre 16% en 2012, selon l’observatoire annuel de Crédit Agricole.
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Bruno de Roulhac
Bon an mal an, les industries agroalimentaires françaises ont réussi à augmenter de 5% leur chiffre d’affaires en 2013, grâce au soutien principal de la filière des métiers du grain (des céréales à la boulangerie) dont les ventes ont progressé de 11%, souligne le Crédit Agricole dans la troisième édition annuelle de son observatoire financier des entreprises agroalimentaires.
Affectée par un euro fort, la part des ventes réalisées à l’international a pourtant légèrement reculé après plusieurs années de croissance. Une baisse imputable essentiellement à la filière vins pénalisée par la baisse des volumes en Bordeaux et par les décisions des autorités chinoises.
Toutefois, les marges ne suivent pas la hausse du chiffre d’affaires et reculent dans la plupart des secteurs. Les entreprises peinent à répercuter les augmentations des prix des matières premières, compensées partiellement seulement par les mesures d’allègement des charges sociales (CICE). La marge brute de l’agroalimentaire était l’an dernier de 31,3%, en recul de près de trois points en trois ans. Pour sa part, la marge d’Ebitda 2013 ressort à 6,6%, contre 7% en 2012. Avec des évolutions contrastées en fonction des métiers. Si les produits laitiers pâtissent de la concurrence exacerbée entre industriels, la filière viandes se porte mieux, portée par le dynamisme de la volaille, «confirmant l’arbitrage en faveur des produits carnés les moins chers», note Crédit Agricole. De plus l’écart reste flagrant entre la marge d’Ebitda du champagne-spiritueux-sucre de 19,6%, et celles des autres métiers agroalimentaires à 4,4%.
Dans ce contexte difficile, les sociétés parviennent malgré tout à maîtriser leur situation financière. L’endettement ne représente que 30% du bilan en moyenne et a même légèrement diminué l’an dernier, tandis que la capacité théorique de remboursement est raisonnable à 3,5 années d’Ebitda.
Ces entreprises agroalimentaires ont investi l’équivalent de 15% de la valeur ajoutée durant l’année 2013. «Compte tenu de la durée de vie longue de certaines installations, cet effort est suffisant pour maintenir l’outil en état, note Crédit Agricole. Toutefois, il ne permet pas de développement». Pour la banque verte, seuls 11% des sociétés présentent un risque «fort», soit un risque de défaut dans les douze mois, contre 16% en 2012.
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