Le reporting intégré aide à la compréhension de la stratégie de l’entreprise
Le reporting intégré avance en France. «La moitié des grandes entreprises françaises cotées le font en partie, sans pour autant s’en prévaloir», estime Eric Duvaud, associé EY. Alors que l’institut Messine a proposé de substituer au rapport de gestion un «avant-propos stratégique», qui s’apparente à un rapport intégré, Eurazeo PME vient de dévoiler le premier rapport intégré du private equity. «Nous avons voulu faire preuve de grande transparence sur notre stratégie, en montrant l’articulation entre nos trois métiers : celui d’actionnaire actif, celui de gestionnaire de capitaux, et les métiers corporate (RH, juridique, RSE…) qui structurent Eurazeo PME», explique Sophie Flak, directrice de la RSE (responsabilité sociétale des entreprises) chez Eurazeo.
Fin 2013, l’International Integrated Reporting Council (IIRC) a proposé un cadre. Ce rapport intégré a « trois caractéristiques nouvelles : la concision, la prise en compte des perspectives futures, et la valorisation des actifs immatériels, rappelle Eric Duvaud. L’entreprise peut l’utiliser comme outil de communication, pour piloter sa performance avec de nouveaux indicateurs rapportant de l’extra-financier à du financier, ou pour mieux expliquer la création de valeurs aux investisseurs ». En effet, «relier le financier et l’extra-financier permet de donner du sens et une vision stratégique d’ensemble, et de promouvoir le progrès sociétal, ajoute Sophie Flak. On ne peut plus se contenter aujourd’hui de raisonner sur des seuls ratios financiers».
Alors que la RSE est parfois présentée dans une logique contraignante de respect de la loi Grenelle, «nous sommes parmi les premiers à aborder la RSE sous un aspect business, par exemple en valorisant les économies d’eau et d’énergie réalisées, poursuit Sophie Flak. Il faut s’appuyer sur une logique ‘comply or explain’ et se centrer sur la matérialité des enjeux RSE».
Autre atout, «le rapport intégré conduit, en amont, à décloisonner les services en créant un dialogue, par exemple entre la stratégie et les risques», ajoute Eric Duvaud. «Trouver un consensus en interne sur ce qui sera présenté à l’extérieur n’est pas aussi facile qu’il y paraît, constate Sophie Flak. Nous avons mis l’accent sur le dialogue avec l’ensemble des parties prenantes en leur demandant leurs propres attentes sur le contenu de notre rapport. Ce dialogue, très innovant en cette matière, permet d’accroître la confiance».
Plus d'articles du même thème
-
Clearlake lève 14,8 milliards de dollars pour sa stratégie de transformation portée par l'IA
Le gérant californien, dont plusieurs participations ont connu des difficultés financières, parvient à boucler l'une des plus importantes levées récentes dans le buyout, bien qu'en-deçà de ses objectifs initiaux. -
L’immobilier de bureaux guette les signes d’amélioration
Les grandes transactions manquent encore pour relancer vraiment le marché locatif, à Paris comme en régions. Le quartier de La Défense frémit davantage. -
Eres Gestion lance trois nouveaux FCPE
L’acteur spécialisé dans l’épargne salariale et l’épargne retraite élargit son catalogue avec trois nouvelles solutions, dont une en partenariat avec Eurazeo.
ETF à la Une
Tom Stephens (Schroders) : « L’écosystème ETF, la gestion active et la construction de portefeuille moderne convergent fortement »
- Belfius rachète Leocare et intéresserait le Crédit Agricole
- Garance s’ajoute à la liste des mutuelles dans la tourmente
- La France domine toujours le classement des meilleurs masters en finance
- Les projections économiques de la BCE sont revues à la baisse
- Les méga-IPO sont le dernier signe avant-coureur de bulle spéculative
Contenu de nos partenaires
-
Repas de familleLaurent Wauquiez réunit à la même table Républicains et macronistes
Le président du groupe Droite républicaine (DR) à l'Assemblée nationale veut peser dans le rassemblement de la droite et du centre. Un dîner a réuni cinq députés du groupe Ensemble pour la République, un député du MoDem et quatre DR -
FailliteLa créativité italienne pour vendre sa dette publique
La communication de l’Etat italien prend de plus en plus la forme d’une publicité populaire, parfois à la limite du conseil financier -
Palantir remplacé par Chapsvision à la DGSI : le gouvernement est-il allé trop vite ?
En plein salon VivaTech, le gouvernement a pris de court la DGSI en annonçant le remplacement de Palantir par la start-up française Chapsvision. Le gouvernement montre qu'il veut avancer rapidement sur la question essentielle de la souveraineté numérique