Le régulateur bride les distributeurs d’eau britanniques
Les distributeurs d’eau britanniques savent désormais sur quel pied danser. L’Ofwat, le régulateur du secteur, a publié hier les indicateurs financiers clés qui doivent rentrer dans le calcul du prix de l’eau pour la période allant de 2015 à 2020, notamment le coût moyen pondéré du capital utilisé par les distributeurs qui prend en compte le niveau d’endettement, le coût de la dette et celui du capital.
La communication était attendue avec une certaine impatience. En fin d’année dernière, Sonia Brown, la responsable de la régulation à l’Ofwat, avait prévenu que le futur coût moyen pondéré du capital avait de grandes chances de commencer par un 3, bien loin des 5,1% appliqués pour l’actuelle régulation quinquennale. Il s’élève finalement à 3,85%, alors que les propositions formulées par les industriels en décembre dernier allaient de 4,1% à 4,9%. En cas de refus, les distributeurs ont la possibilité de faire appel de la décision de l’Ofwat devant la Competition Commission mais au risque de prolonger le processus d’habilitation auprès du régulateur. Les nouveaux tarifs doivent entrer en vigueur en janvier 2015. L’objectif affiché, dans un contexte de forte pression politique, vise clairement à faire baisser la facture des consommateurs. L’Ofwat rappelle qu’une hausse de 0,5% du coût moyen pondéré du capital se traduit par une augmentation de 10 livres de la facture annuelle du consommateur.
Cette période ouvre une nouvelle phase d’incertitudes pour le secteur. D’une part, selon JPMorgan, les fusions-acquisitions vont se faire rares, le temps que le secteur absorbe les nouveaux tarifs. D’autre part, la pression sur les tarifs risque de peser sur le montant des dividendes reversés par les distributeurs à leurs actionnaires. Selon les estimations des analystes de Credit Suisse, la baisse d’environ 130 points de base du coût moyen pondéré du calcul dans la fixation des tarifs pourrait entailler de 20% de résultat d’exploitation du secteur si aucune mesure d’économies n’est mise en place.
S’ils peuvent toujours décider de payer leurs actionnaires en actions, voire de légèrement augmenter le niveau de leur levier d’endettement ou de faire appel à de la dette hybride, United Utilities et Severn Trent sont les plus susceptibles, selon Deutsche Bank, de devoir couper leur dividende afin de conserver leur notation auprès des agences.
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