Le redressement du secteur parapétrolier prendra encore du temps

Si l’effet négatif des provisions passées sur d’anciens contrats devrait s’estomper, le risque de décalage s’accroît sur les nouveaux projets
Yves-Marc Le Réour

Malmené en Bourse par une série d’avertissements sur les bénéfices, le secteur des équipements et services pétroliers en Europe n’a pas encore atteint le bout du tunnel, si l’on en croit une récente étude d’Exane BNP Paribas. Comme la croissance de cette industrie est déterminée par la demande émanant des producteurs d’hydrocarbures, la prudence affichée par les compagnies pétrolières occidentales intégrées dans leurs investissements industriels, dictée par le souci d’améliorer leur cash flow, devrait freiner l’attribution de nouveaux contrats.

L’exploitation accélérée des gaz et huile de schiste outre-Atlantique a également changé les conditions d’équilibre du marché. «Globalement, il semble que l’offre de brut soit suffisante pour faire face à la demande au cours des prochaines années, ce qui crée un risque baissier sur les cours du pétrole», relève le bureau d’analyse. D’où une possible révision en baisse des budgets d’investissement des pétroliers indépendants spécialisés dans l’exploration-production, alors que les compagnies nationales des grands pays émergents devraient conserver un comportement dynamique en la matière.

Au total, les investissements adressés aux fournisseurs d’équipements et de services pétroliers devraient croître de 5% l’an prochain (voir graphique) après une progression attendue de 7% en 2013 et une hausse moyenne de 10% durant la dernière décennie. Si les acteurs du parapétrolier devraient être moins pénalisés par le niveau des provisions passées sur d’anciens contrats à faible marge, ils ne sont pas à l’abri d’un risque accru de décalage dans la mise en place des nouveaux projets.

A cet égard, le britannique Petrofac «a été victime de retards sur un important contrat à Abou Dhabi, ce qui l’a conduit à modérer ses attentes pour 2014», soulignent les analystes d’Exane BNP Paribas.

Concernant les difficultés spécifiques de l’italien Saipem, qui a perdu son directeur général après des présomptions de corruption en Algérie, ceux-ci mettent en avant le risque de déception sur le carnet de commandes et le chiffre d’affaires du groupe à l’horizon 2015. Leurs homologues de Natixis jugent de leur côté que l’exercice 2014 «portera encore les stigmates de 2013, en particulier en ingénierie et construction onshore», activité sur laquelle ils attendent une nouvelle perte opérationnelle de 48 millions d’euros.

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