Le redressement du danois Vestas surprend agréablement les investisseurs
Après avoir souvent déçu les investisseurs au cours des 18 derniers mois, Vestas a fait état hier d’un redressement de ses résultats trimestriels nettement supérieur aux attentes en publiant un bénéfice net de 55 millions d’euros contre une perte de 143 millions enregistrée entre avril et juin 2010. Le consensus des analystes prévoyait en moyenne un bénéfice de 42 millions. Le leader mondial des éoliennes a ainsi dissipé «les craintes d’un avertissement sur les bénéfices comme l’an dernier à la même époque», souligne le courtier Jefferies International.
L’action du groupe danois, qui avait perdu près des deux tiers de sa valeur en un an, a bondi hier de 23,7%, sa plus forte hausse journalière depuis août 2003. La couverture de positions à découvert a probablement amplifié ce rebond, puisque les positions courtes concernaient «13% des actions Vestas au 15 août», selon les chiffres de Data Explorers, contre respectivement 5% et 6% pour ses concurrents Gamesa et Nordex à la même date.
Si le cash flow d’exploitation est redevenu positif (+126 millions d’euros contre -309 millions au deuxième trimestre 2010), le maintien d’investissements élevés a abouti à un flux de trésorerie disponible toujours négatif (-63 millions après -511 millions). Privilégiant la croissance organique, Vestas évolue «sur un marché difficile», indique son directeur général, Ditlev Engel. Outre la chute du prix des turbines enregistré depuis 3 ans sous la pression des constructeurs asiatiques, le secteur subit la répercussion de conditions de financement plus ardues pour les promoteurs de fermes éoliennes et d’une baisse des subventions gouvernementales motivée par les problèmes de dette publique.
Le groupe confirme l’ensemble de ses objectifs annuels, à savoir une marge d’exploitation de 7% (contre 5,5% au deuxième trimestre), un cash flow libre équilibré grâce à une réduction des stocks ainsi qu’un chiffre d’affaires de 7 milliards d’euros sensiblement identique à celui de 2010. Ce niveau d’activité «est quasiment garanti par les commandes fermes déjà signées», avance-t-il. Sur l’ensemble de l’exercice, les prises de commandes «devraient être comprises entre 7.000 et 8.000 MW», dont la moitié en provenance d’Europe et d’Afrique, le reste se répartissant à égalité entre la zone Asie-Pacifique et le continent américain.
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