Le recouvrement plus difficile des créances accélère l’entrée en phase contentieuse

Deux tiers des entreprises françaises interrogées par le cabinet Arc ont déjà engagé une procédure contentieuse contre un client défaillant
Yves-Marc Le Reour

Spécialisé dans la gestion du poste client, le cabinet juridique ARC vient de publier en partenariat avec l’Ifop sa première enquête annuelle sur le rôle du recouvrement de créances dans la gestion de trésorerie des entreprises. Sur un échantillon de 500 entreprises de plus de 50 salariés interrogées en septembre dernier, 48% d’entre elles craignent «une détérioration de la situation économique française au cours des prochains mois» et 60% redoutent «une stagnation voire une baisse de leur activité».

Au cours des deux dernières années, la sensibilisation grandissante des équipes commerciales à la gestion du poste clients s’est accompagnée de la mise en place d’actions pour améliorer le suivi du recouvrement dans huit entreprises interrogées sur dix. Si 44% d’entre elles indiquent avoir plus de mal à recouvrer leurs créances qu’il y a quelques années, cette proportion atteint 55% pour les structures de plus de 250 salariés. 78% de l’échantillon mentionne la dégradation de trésorerie des clients débiteurs comme raison principale à l’origine de ces difficultés de recouvrement.

Cette situation débouche sur une augmentation du nombre de litiges pour 27% des entreprises (35% au-delà de 250 salariés). Dans ce contexte, l’entrée en phase contentieuse est également accélérée afin d’obtenir une décision de justice à l’encontre d’un client défaillant. Deux tiers des entreprises ont déjà engagé une telle procédure (80% des entreprises de plus de 250 salariés), le plus souvent par le biais d’un cabinet de recouvrement ou d’avocat. Ces procédures buttent cependant sur «la mise en redressement ou en liquidation judiciaire» du débiteur (74%), sur sa situation financière précaire (44%) et sur le manque d’informations concernant sa solvabilité (34%).

Si l’impact de la loi de modernisation de l’économie (LME) est jugé positif pour la trésorerie des entreprises, cet effet est cependant limité, 45% des sondés invoquant le non-respect de la réglementation sur les délais de paiement. «La solidarité entre grands groupes et sous-traitants doit être renforcée compte tenu de l’importance de ces derniers dans l’irrigation du tissu économique», commente René Ricol, commissaire général à l’investissement, en jugeant par ailleurs indispensable la poursuite de la réduction des délais de paiement.

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