Le rachat de TDF se fait sur une valorisation de 3,56 milliards d’euros
Enfin. Après un an et demi de discussions, les actionnaires de TDF vont pouvoir déboucler leur LBO. C’est le fonds canadien Brookfield Infrastructure qui a vendu la mèche hier en publiant, avant l’ouverture des marchés américains où il est coté, un communiqué officialisant la transaction.
Un empressement qui a pris de court ses partenaires dans l’opération, le fonds de pension canadien PSP Investments avec ses associés Arcus et APG, ainsi que les actionnaires de TDF. Hier, ces derniers n’avaient toujours pas confirmé la transaction, dans l’attente notamment de l’information du comité d’entreprise.
Objet de deux LBO successifs, en 2002 et fin 2006, TDF est contrôlé par TPG (42%), Bpifrance (24%), Ardian (18%) et Charterhouse (14%).
L’opération porte uniquement sur l’activité française de TDF. Brookfield en reprend la moitié, l’autre moitié revenant à PSP et ses co-investisseurs. Leur offre valorise ces actifs à une valeur d’entreprise totale de 3,56 milliards d’euros, dont environ 1,6 milliard de dette, une somme inférieure aux 4 milliards initialement visés par les actionnaires. La valeur d’entreprise retenue représente un peu moins de 10 fois l’Ebitda des actifs concernés. Brookfield s’est engagé à financer son investissement à hauteur de 500 millions de dollars (403 millions d’euros) en fonds propres ce qui lui donnera 23% des intérêts de TDF France, PSP, Arcus et APG se partageant le solde.
La vente des actifs français de TDF doit permettre à TPG, Ardian, Charterhouse et Bpifrance de rembourser la dette d’acquisition de la holding du groupe qui s’élevait encore à près de 3,8 milliards d’euros. La holding continuera de détenir les actifs allemands de TDF. L’échec de la transaction aurait contraint les actionnaires à lancer le refinancement de cette dette, une opération qui se serait révélée complexe au regard de la différence d’alignement des actionnaires.
Cette structure de capital explique d’ailleurs en partie la lenteur du processus de cession des actifs français. L’opération a également été retardée par les mouvements de concentration entre opérateurs de télécoms français et par l’accord de partage de réseau conclu entre SFR et Bouygues, faisant peser un risque de pertes de clients pour TDF. La vente a également été compromise par l’incapacité du fonds Dering Capital à lever le financement nécessaire alors qu’il était sorti victorieux du dernier tour d’enchères en 2013.
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