Le projet de sauvetage d’Arc International se dessine
Arc International voit enfin le bout du tunnel. Le projet de reprise du géant verrier en difficulté, qui emploie 10.520 personnes dans le monde, dont plus de la moitié en France, a été confirmé mercredi dernier à l’issue d’un Comité d’entreprise extraordinaire à Arques (Pas-de-Calais). «Un accord important a été conclu avec un investissement de 60 millions d’euros» a déclaré le ministre de l’Economie Emmanuel Macron lors d’une conférence de presse à l’issue du CE et d’une rencontre avec les salariés.
Le projet de reprise prévoit un apport de 60 millions d’euros, dont 58 millions du fonds américain Peaked Hills Partners (PHP) et 2 millions pour la famille Durand, actuel propriétaire. Il comprend aussi 300 millions d’investissement sur trois ans, 550 suppressions d’emplois dans les fonctions support et 150 créations sur des postes de production. Le fonds PHP devrait reprendre 75% du capital. Il cherche également à renégocier l’endettement du leader mondial des arts de la table, qui affichait au 1er février une dette nette de 360 millions d’euros. Du côté des créanciers, la Société Générale et le Crédit Agricole se trouvent en première ligne.
L’adossement d’Arc International, nécessaire pour éviter un redressement judiciaire, a connu de multiples rebondissements. D’abord intéressé, le fonds HIG a jeté l’éponge, avant de revenir à la charge avec un montage protecteur en sa faveur. PHP, qui associait le fonds russe Pangeo Capital, spécialisé dans le retournement d’entreprise, et Dick Cashin, fondateur de One Equity Partners (l’ex-pôle de private equity de JPMorgan), a dû revoir sa proposition. Il comptait en octobre injecter 100 millions d’euros, mais le retrait de Pangeo sur fond d’aggravation de la crise en Russie l’a forcé à réduire son enveloppe. C’est donc Dick Cashin qui apporterait les 58 millions d’euros injectés dans l’affaire. PHP est conseillé par Lazard.
Quant à Bpifrance, pressentie pour jouer les pompiers, elle a préféré prendre ses distances. La banque publique est échaudée par l’affaire Caddie, un sauvetage qui a tourné à la catastrophe industrielle.
La relance du groupe verrier est urgente. Le chiffre d’affaires, qui atteignait 1,1 milliard d’euros en 2011, a fondu à 901 millions d’euros en 2013. Il serait passé cette année aux alentours de 850 millions. Il faudra cependant attendre encore plusieurs semaines avant le bouclage de l’opération, prévu en février 2015.
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