Le projet de l’Autorité de la concurrence sur les sanctions fait débat
Dans l’attente du communiqué définitif sur les «lignes directrices» pour la détermination des sanctions pécuniaires courant mai prochain, l’Autorité de la concurrence a présenté hier lors d’un colloque les premières conclusions de la consultation publique, fort de 23 réponses provenant des différents acteurs de la Place (entreprises, avocats, économistes...).
Un document d’importance puisque l’Autorité sera tenue par ces lignes directrices dans ses décisions, et que les justiciables pourront les invoquer devant l’Autorité. Elles devraient apporter plus de transparence sur la méthode et aider à la prévisibilité de l’amende.
Sur la question de la détermination du montant de base de l’amende, l’Autorité a fait le choix de prendre en compte au même niveau la gravité des faits et le dommage causé à l’économie. Néanmoins, les répondants souhaitent une meilleure articulation entre ces deux critères. Certains suggèrent des éléments d’appréciation complémentaire, et d’autres demandent des modalités d’appréciation du dommage à l’économie.
Le recours à la valeur des ventes comme référentiel fait l’unanimité. Mais si l’Autorité propose de prendre une proportion de 0 à 30% des ventes annuelles, certains recommandent de limiter la fourchette de 15 à 20%, tandis que d’autres souhaitent aller au-delà des 30% pour mieux refléter l’importance des dommages. Par ailleurs, faut-il prendre les ventes indirectement liées à l’infraction?
Quant au choix de durée de référence d’une année, il est jugé trop régressif et pas assez dissuasif par les économistes, et trop mécanique et pas assez individualisé pour les juristes.
Sur l’appréciation du comportement individuel, les circonstances atténuantes pourraient être élargies (coopération, bonne foi,…), et les circonstances aggravantes réduites (notoriété, ancien monopole public) ou renforcées (obstruction, participation des cadres dirigeants,..).
Pour sa part, Hugues Legal, directeur juridique du Conseil de l’Union Européenne, rappelle que les lignes directrices de la Commission sur les amendes en matière de concurrence permettent de synthétiser la jurisprudence, d’assurer la permanence de la méthodologie, et surtout d’être transparent vis-à-vis des opérateurs et du juge. Si ces lignes directrices ne sont pas formellement contraignantes dans les Etats membres, la jurisprudence reprise dans ce texte l’est !
Plus d'articles du même thème
-
KNDS reporte son introduction en Bourse
Le fabricant d’armes franco-allemand met en pause son projet de cotation à Paris et Francfort en raison des conditions de marché. -
Les banquiers centraux ne veulent plus donner d’indications prospectives
Le principal panel du Forum de Sintra 2026 a tout de même été l’occasion pour Christine Lagarde (BCE) comme pour Kevin Warsh (Fed) de reconnaître un recul des anticipations d’inflation depuis leurs dernières réunions monétaires. Sans pour autant faire bouger les anticipations de hausses de taux. -
Un consortium comprenant BlackRock, Visa et Mastercard lance un nouveau stablecoin
Plus de 140 sociétés se sont réunies au sein d'Open Standard, un groupe avec une gouvernance collaborative ayant pour objectif de distribuer un stablecoin en dollar.
ETF à la Une
KBC AM dévoile trois ETF Ucits
- C'est la fête du slip à la Bourse de Paris
- Scor indemnisera Covéa à hauteur de 488,3 millions de dollars dans le cadre d'une procédure d'arbitrage
- Kering se retrouve sous pression en Bourse avec la montée des doutes d'analystes
- Schneider Electric, Saint-Gobain, L'Oréal : trois modèles d'ambitions du CAC 40 en Inde
- La finance italienne pourrait perdre l'un de ses principaux investisseurs
Contenu de nos partenaires
-
Tribune libreFrance-Allemagne : retraites, réforme et révolution
La différence avec la France vient surtout de l’existence d’une éthique de la discussion très ancrée, au niveau politique et parlementaire, comme au niveau des partenaires sociaux et des entreprises -
EtalonnageConsensus politique et transition longue : la recette du passage à la retraite à 67 ans en Allemagne
Berlin a acheté la paix en mettant en place un départ anticipé pour carrière longue, dispositif coûteux aujourd'hui remis en cause. -
Vérité d'un côté du Rhin ne l’est pas au-delà
Retraites : le grand fossé franco-allemand
Le chancelier allemand Friedrich Merz dit vouloir appliquer l'intégralité des recommandations de la commission d'experts qu'il a mandatée. Une réforme ambitieuse qui contraste avec le blocage français