Le pôle minier redevient le pivot de la réflexion sur le dossier Areva
Une nouvelle piste a refait surface dans le dossier Areva. De sources concordantes, c’est en effet la réflexion sur la cotation du pôle minier qui a justifié le décalage du conseil devant statuer sur l’augmentation de capital. L’idée n’est pas nouvelle. L’une des sources rappelle que Bank of America-Merrill Lynch a déjà été mandatée pour travailler sur le sujet (en intégrant ou non Eramet). Une information que la banque n’a pas souhaité commenter. Reste que cette hypothèse est très récemment revenue sur le devant de la scène, car la patronne d’Areva Anne Lauvergeon n’y serait plus aussi opposée que par le passé, selon ces mêmes sources. Areva ne commente pas.
Ce scénario serait susceptible d’accroître l’intérêt du dossier pour le Qatar, même si une source bien informée doute que le fonds en fasse une condition sine qua non à son arrivée, comme l’indiquaient hier Les Echos.
Il permettrait aussi à Areva de récolter des fonds et de se donner un peu de marge sur les autres voies envisagées (augmentation de capital de la structure de tête, cession des titres Eramet et STMicro), sachant que ses besoins à 2012 sont de 6,5 milliards d’euros. «La moitié des besoins du groupe pourraient ainsi être couverts», avance une source au fait du dossier.
Ceci étant, l’équation financière ne semble pas des plus limpides. L’exercice de valorisation est d’autant plus complexe que les estimations peuvent varier largement selon les prix d’uranium retenus.
Par exemple, le canadien Cameco vaut sur le marché l’équivalent de 9,5 milliards d’euros avec une production et des perspectives voisines de celles d’Areva (8.623 tonnes en 2009 pour Areva, 8.000 pour Cameco). Mais une valorisation équivalente reviendrait à attribuer la majorité de la valeur d’Areva à ses mines.
Un analyste du secteur se veut plus mesuré. «En prenant une production à terme de 13.500 tonnes avec un prix de 65 dollars la livre, nous arrivons par la méthode des DCF à une valeur de 3,4 milliards, soit 20% de la valorisation du groupe», précise-t-il. Cela correspondrait à 2 fois le prix payé en 2007 pour Uramin, lequel devrait contribuer à moins de la moitié de la production à terme.
Dans ses comptes, Areva ne donne pas de valeur comptable spécifique pour ses mines (intégrées au pôle amont). Mais selon l’une des sources contactées, la crainte du groupe serait justement d’avoir à constater une moins-value en cas d’opération.
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