Le plan d’aide à l’automobile s’annonce peu structurant pour PSA
PSA a enfin réussi à enrayer la chute de son titre. L’action, qui a dégringolé de près de 15% depuis l’annonce le 12 juillet de pertes dans la branche automobile et d’une lourde restructuration, a repris 3,95% mercredi à 6,1 euros. Les contre-feux allumés par les dirigeants du groupe après les déclarations du gouvernement et de François Hollande sur le caractère «inacceptable» du plan semblent donc avoir fonctionné.
Les investisseurs sont désormais tournés vers la date du 25 juillet. Ce jour-là, le gouvernement doit annoncer un plan d’aide à la filière automobile, sans doute pas à la hauteur des enjeux structurels. «Nous nous écartons de la prime à la casse et nous nous dirigeons vers un soutien massif vers les véhicules innovants et propres», a expliqué le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, se disant «très tenté» d’accentuer les mesures qui concernent le bonus-malus écologique.
Selon les statistiques du Comité des constructeurs français d’automobile, PSA et Renault présentent les plus faibles émissions de CO2 par voiture vendue en France derrière Fiat et Toyota, et ont eu en 2010 le plus grand nombre de modèles éligibles au bonus écologique après Volkswagen. Un plan axé sur les véhicules propres leur bénéficierait donc en priorité, mais, limité à la France, ne résoudrait pas les problèmes de fond. Il renforcerait même la polarisation des constructeurs français sur les automobiles de petite taille.
PSA devrait aussi annoncer le 25 juillet, en marge de ses résultats, une réduction de ses dépenses d’investissement. La mesure doit permettre au groupe de préserver son cash, qu’il consomme à hauteur de 200 millions d’euros par mois. La situation de trésorerie est cependant loin d’être critique. Au premier semestre, le constructeur a encaissé le produit de son augmentation de capital (1 milliard), de ses cessions d’actifs (700 millions) et les dividendes de Banque PSA Finance (540 millions).
«Même en supposant un scénario très défavorable au premier semestre où, outre une consommation de cash opérationnelle de 1,2 milliard d’euros, PSA aurait dû rembourser toutes ses dettes 2012 (2,2 milliards, mais dont certaines sont renouvelées quasi automatiquement), la trésorerie au 30 juin serait encore de 4,6 milliards hors ligne de crédit», estiment les analystes de Natixis. Soit largement au-dessus d’un niveau de cash minimum pour fonctionner que Kepler évalue à 2 milliards.
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