Le pétrolier autrichien OMV accélère son développement dans l’amont

Il vient de racheter à Statoil des participations dans des champs pétroliers en mer du Nord pour un minimum de 2,6 milliards de dollars
Bruno de Roulhac

Opération record pour OMV. Le groupe autrichien vient de débourser 2,65 milliards de dollars pour acquérir, auprès du géant norvégien Statoil, des participations dans plusieurs champs pétroliers majeurs en mer du Nord. Ce montant pourrait être ajusté de 500 millions de dollars supplémentaires.

Par cette opération, OMV détient désormais 19% du champ de Gullfaks et 24% du champ de Gudrun, tous deux au large de la Norvège, d’une part, et respectivement 30% et près de 6% des champs anglais de Rosebank et de Schiehallion à l’ouest des îles Shetland, d’autre part, sans compter des options pour 11 licences d’exploration. L’accord s’accompagne d’un partenariat de recherche et développement avec Statoil pour développer de nouvelles technologies pour l’exploration de gaz et de pétrole dans les champs matures.

Cette transaction «donne un nouvel élan à la stratégie d’OMV et sera un facteur clé dans la réalisation de nos objectifs 2016 [dont une production de 350.000 barils équivalent pétrole par jour], s’est félicité Gerhard Roiss, directeur général du pétrolier autrichien. Elle confirme l’orientation claire d’OMV d’accroître le poids de ses activités d’exploration et de production». OMV va ainsi augmenter ses réserves prouvées et probables d’environ 320 millions de barils équivalent pétrole, soit des réserves de plus de 2 milliards de barils au total pour le groupe autrichien. La production devrait augmenter de 40.000 barils par jour en 2014 et 58.000 barils en 2016, à comparer à une production quotidienne de près de 300.000 barils au premier semestre 2013.

«Cet accord est positif, souligne Raiffeisen Bank. Il assure un rendement décent sur la trésorerie accumulée par OMV». En outre, la Norvège reste une zone politiquement stable, alors que la production d’OMV en Lybie et au Yémen pâtit des nombreux troubles locaux.

Pour sa part, Helge Lund, le PDG de Statoil, se réjouit de «débloquer des ressources pour la poursuite des investissements dans nos principaux domaines». D’autant que la cession s’est faite sur la base de «deux fois la valeur comptable, alors que Statoil se traite sur un multiple de 1,3», souligne un analyste chez ABG.

L’acquéreur financera l’opération grâce à la cession d’activités aval –notamment la vente attendue d’ici à 2014 du réseau de raffineries Bayernoil–, à son cash flow libre, de 1,6 milliard d’euros au premier semestre, et aux lignes de crédit existantes.

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