Le patron de BHP Billiton fait à son tour les frais des dépréciations massives

Le groupe inscrit une charge de 3 milliards de dollars sur des actifs d’alumine et de nickel. Le dividende proposé progresse de 4%
Benoît Menou

Le directeur général de BHP Billiton jette à son tour l’éponge. Marius Kloppers quittera en mai son poste au sein du géant minier. Une annonce faite à l’occasion de la publication de résultats annuels en nette baisse. La situation n’est pas sans rappeler le récent départ du patron du grand rival Rio Tinto Tom Albanese dans un contexte de perte historique sur fond de dépréciations d’actifs colossales. Avant eux, les dirigeants d’Anglo American et de Xstrata ont eux aussi du renoncer à leur fauteuil. En novembre dernier, le Financial Times croyait savoir que BHP Billiton avait entamé, sous la houlette directe du président Jac Nasser, une procédure visant au remplacement de Marius Kloppers, en poste depuis octobre 2007.

Andrew Mackenzie, arrivé en 2008 en provenance de Rio Tinto, prend le relais. Le prochain directeur général occupait jusqu'à présent le poste de directeur des activités liées aux métaux de base. «Le conseil a jugé qu’Andrew était la bonne personne pour conduire BHP Billiton dans un environnement mondial en pleine mutation», indique le communiqué de BHP Billiton.

Le bénéfice courant semestriel de ce dernier a chuté de 43%, un rythme inédit depuis plus d’une décennie, à 5,68 milliards de dollars. Le géant minier a dévoilé une charge de dépréciation de 3 milliards de dollars sur ses actifs d’alumine de Worsley et sur ses actifs Nickel West, un montant là encore conforme aux attentes des analystes. BHP Billiton n’en a pas moins proposé un relèvement de 3,6% du dividende, à 57 cents par action.

Le départ de Marius Kloppers, tout comme celui de Tom Albanese, reflète un changement radical d’ambiance au sein du secteur minier. L’été dernier déjà, Marius Kloppers avait renoncé à son bonus annuel après avoir annoncé une dépréciation de 3 milliards dans le gaz de schiste aux Etats-Unis. L’heure est à la rigueur après une période d’acquisitions en série, même si BHP a manqué le rachat de Rio Tinto ou celui de Potash Corp. L’horizon est en effet incertain quant aux cours des matières premières, et BHP Billiton ne s’attend pas à une amélioration sur ce front, les effets de la hausse d’une offre à bas coûts devant contrebalancer ceux d’une hausse attendue de la demande au cours des douze prochains mois. Pour un gérant cité par Reuters, pas de doutes, «il y a une capacité latente énorme au sein du groupe pour améliorer les marges et ajuster le portefeuille d’activités au monde dans lequel nous vivons».

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