Le nouveau PDG d’EDF fait de la hausse des tarifs une priorité
En passe d’être nommé PDG d’EDF ce matin en conseil des Ministres, Jean-Bernard Lévy dispose d’une tout autre liberté de parole que celle de son prédécesseur, Henri Proglio, qui faisait campagne ces derniers mois pour sa reconduction. Lors de son audition hier devant les sénateurs puis les députés, Jean-Bernard Lévy a plaidé pour une augmentation des tarifs de l’électricien, en souhaitant que cette question soit «plus rapidement suivie par les décideurs politiques».
Le gouvernement avait par exemple gelé avant l’été la hausse de 5% pourtant initialement programmée pour le 1er août. Les tarifs ont depuis été augmentés de 2,5% en novembre, un niveau qui reste insuffisant pour couvrir les coûts de production et les investissements d’EDF.
Selon l’ancien dirigeant de Vivendi et de Thales, le «rééquilibrage des tarifs» est une priorité pour «assainir la situation économique du groupe», pénalisés par des «retards préoccupants sur les tarifs de gros (Arenh) et les tarifs de détail». «Ces écarts avec les trajectoires pourtant convenues avec l’Etat conduisent EDF à augmenter sans cesse sa dette», car «c’est l’endettement qui paye le dividende», a martelé Jean-Bernard Lévy devant les parlementaires. Au premier semestre 2014, le groupe a ainsi versé 1,27 milliard de dividendes, dont 84% à l’Etat, au titre des résultats 2013, entrainant un cash-flow après dividende négatif de 877 millions d’euros.
Jean-Bernard Lévy a également appelé à «une mise sous contrôle de la contribution au service public de l’électricité (CSPE) dont la croissance rapide est un souci». Prélevée via une taxe sur les factures, la CSPE est destinée à compenser les charges de service public de l’électricité supportées par EDF. Mais pour le groupe, le compte n’y est pas, même si l’Etat a repris à sa charge 4,9 milliards de déficit début 2013. EDF a encore constaté 451 millions d’euros d’écart entre les charges comptabilisées et les recettes perçues au titre de la CSPE, à la fin de l’exercice 2013.
«Sous cette condition d’un rééquilibrage de son compte d’exploitation en France, EDF pourra rester l’un des tout premiers énergéticiens mondiaux. C’est un objectif difficile et primordial», a lancé Jean-Bernard Lévy. Interrogés à plusieurs reprises par les sénateurs et les députés, le futur PDG d’EDF n’a toutefois pas chiffré l’impact que ce rééquilibrage aurait sur les tarifs.
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