Le nouveau directeur général d’Apple Tim Cook assurera une transition douce

Abandonnant la direction générale pour des raisons de santé, Steve Jobs entend rester actif comme président du conseil d’administration
Yves-Marc Le Réour
Steve Jobs en juin 2011. Photo: David Paul Morris/Bloomberg
Steve Jobs en juin 2011. Photo: David Paul Morris/Bloomberg  - 

La décision de Steve Jobs de quitter pour des raisons de santé la direction générale d’Apple va désormais placer au premier plan son bras droit Tim Cook, âgé de 50 ans et ancien de chez Compaq. Directeur général adjoint d’Apple de longue date, Tim Cook devrait mener une transition d’autant plus douce qu’il a plusieurs fois assuré l’intérim de Steve Jobs et qu’il gérait depuis le 17 janvier dernier l’ensemble des opérations courantes du groupe.

Il est également reconnu pour sa maîtrise de la chaîne logistique, une qualité non négligeable dans la culture maison d’Apple qui valorise presque autant l’efficacité opérationnelle que le design des produits. «Les investisseurs sont très à l’aise avec Tim Cook même si Steve Jobs a été une force d’innovation et à l'évidence une réussite d’Apple. Tim a montré qu’Apple pouvait encore surperformer extrêmement bien lorsqu’il était directeur général par intérim», juge Shannon Cross, analyste chez Cross Research.

L’ex-directeur général restera en outre présent «si le conseil d’administration le juge approprié, en tant que président du conseil d’administration, administrateur et employé», écrit Steve Jobs dans sa lettre de démission. Le fait qu’il entende être un président actif est toutefois diversement apprécié, certains observateurs notant que le passage de la fonction de directeur général à celle de président pourrait empêcher son successeur de prendre ses marques. «Une explication plus détaillée de son nouveau rôle serait utile», relève ainsi Charles Elson, directeur du centre de gouvernance d’entreprise à l’université du Delaware.

Cofondateur d’Apple, Steve Jobs est unanimement salué pour ses qualités de visionnaire. Revers de la médaille, le succès industriel et financier du groupe aboutit à la multiplication des contentieux judiciaires entre la firme à la pomme et ses concurrents. Un tribunal allemand a ainsi validé hier un référé d’Apple contre Samsung, interdisant à ce dernier de vendre des tablettes Galaxy en Allemagne pour cause de trop grande similitude avec l’iPad produit par le groupe américain. Ce référé, qui concernait initialement l’ensemble des pays de l’Union européenne, a été limité à l’Allemagne car il n'était pas établi que le tribunal soit compétent pour l’ensemble de la région. L’action Apple a clôturé à 373,7 dollars hier sur le Nasdaq, en léger repli de 0,7%.

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