Le néerlandais KPN ne parvient pas à se défaire de sa parure de cible potentielle
KPN poursuit son chemin de croix. Alors que l’opérateur télécoms néerlandais vient d’achever un vaste programme de restructuration entamé en 2011 et passant par la suppression de 4.650 postes, sur un total aujourd’hui voisin de 25.000, le groupe a dévoilé hier un projet de nouvelles destructions de postes, entre 1.500 et 2.000 au cours des trois prochaines années. La faute en incombe selon KPN à une concurrence toujours plus vive sur son marché domestique en téléphonie mobile, source d’ailleurs de résultats décevants au quatrième trimestre 2013. KPN attend des mesures dévoilées hier des économies annuelles de 300 millions d’euros d’ici 2016.
Pour l’heure, le chiffre d’affaires des activités poursuivies a abandonné 7,9% au trimestre écoulé, à 2,06 milliards (-7,3% à 8,47 milliards sur l’exercice 2013). La détérioration opérationnelle s’est qui plus est renforcée en fin d’année, l’excédent brut d’exploitation cédant 29% à 581 millions au dernier trimestre, correspondant à une chute de 6,2 points de la marge associée à 28,2%. Cette dernière cède 1,4 point en 2013 à 34%. Le directeur général Eelco Blok a fait part de son espoir de voir les marges en téléphonie mobile se redresser cette année, alors que le groupe table sur «une performance financière stabilisée d’ici fin 2014».
Fort de ses promesses, KPN a confirmé son intention de renouer avec le versement d’un dividende au titre de l’exercice 2014. Pour un montant unitaire encore modeste de 0,07 euro que le groupe entend faire progresser l’année suivante. Précaution de taille, ce versement l’an prochain (avec acompte en août prochain) est conditionné à la finalisation de la cession à l’espagnol Telefonica de sa filiale allemande E-Plus pour un montant de 8,5 milliards d’euros, dont 5 milliards en numéraire associés à une prise de participation de 20,5% au capital de Telefonica Deutschland. La Commission européenne doit se prononcer d’ici le 14 mai sur la transaction.
Cette promesse de reprise de dividende n’a pas rassuré le marché, le titre KPN abandonnant 4,9% à 2,56 euros hier à Amsterdam. L’espoir pourrait venir d’America Movil, l’opérateur contrôlé par le milliardaire mexicain Carlos Slim, et qui avait tenté l’an passé de s’emparer de KPN. Faute d’accord sur les conditions financières de l’opération, le prétendant, qui détient encore près de 30% de KPN, est autorisé à revenir à la charge à partir de mi-avril.
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