Le mur budgétaire pénalise déjà le secteur des «utilities» outre-Atlantique
Les difficiles négociations entre la Maison Blanche et le Congrès sur le prochain budget jettent une ombre sur l’évolution des résultats des sociétés américaines en 2013. Selon les analystes de Citigroup, les bénéfices de l’indice S&P 500 augmenteraient de 6% si les parties parviennent à un large accord, mais ils chuteraient de 10% en cas d’impasse budgétaire persistante.
Certains groupes cherchent à contourner les effets négatifs d’un durcissement potentiel de la taxation des dividendes. Alors que le taux plafond s’élève depuis 2003 à 15% pour les 4 tranches fiscales les plus hautes, il pourrait s’aligner l’an prochain sur le taux d’imposition sur le revenu et atteindre 39,6% pour les contribuables les plus aisés.
C’est pourquoi Wal-Mart a décidé d’avancer de quelques jours le versement de son dividende trimestriel. Craignant que «les questions complexes liées au budget et à l’impôt fédéral ne puissent être réglées dans les prochaines semaines», le conseil d’administration du leader mondial de la distribution versera à ses actionnaires 39,75 cents par action le 27 décembre 2012 au lieu du 2 janvier 2013. La famille Walton, qui contrôle environ la moitié du capital de la société, sera la principale bénéficiaire de cette décision qui devrait lui épargner plusieurs centaines de milliers de dollars d’impôts supplémentaires.
L’impact d’un relèvement de cette taxation serait particulièrement pénalisant pour les «utilities» américaines. Les analystes de Citigroup tablent sur un taux plafond relevé à 25%, ce qui justifierait «une contraction d’environ 1,5 point des multiples de bénéfices de l’industrie». Notant que les cours de Bourse du secteur ont déjà baissé de 10% en moyenne depuis mi-octobre, ils en concluent que «le marché a déjà intégré au deux tiers» les conséquences de ce changement potentiel.
De surcroît, plusieurs groupes électriques ont récemment indiqué avoir souffert durant l’été d’une baisse de la consommation d’électricité anormale pour la saison. Ils l’expliquent par la perception grandissante du mur budgétaire qui a entraîné un ralentissement, voire un gel des investissements dans les réseaux de plusieurs régions.
Le bureau d’analyse juge donc qu’une reprise de la demande ne se produira qu’après la résolution des questions budgétaires, ce qui pourrait prendre «quelques trimestres supplémentaires».
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