Le mobile constitue la clé de voûte des groupes d’internet
Le «choc de l’étiquette» n’a pas provoqué de réelles déflagrations. L’annonce du rachat de WhatsApp pour 19,4 milliards de dollars par Facebook le 19 février, dont les quatre cinquièmes payés en actions, n’aura eu qu’un effet limité sur le cours du réseau social, qui a stagné depuis.
Aussi chère soit-elle, l’opération «contribue à modifier le profil d’activité de Facebook, comme ont pu le faire dans le passé Google avec Youtube ou eBay avec PayPal», expliquent les analystes de S&P Capital IQ. Avec WhatsApp, Facebook renforce sa présence sur les téléphones mobiles, devenus le premier moyen de connexion à internet devant les PC. Jusqu’à présent, malgré des signes d’accélération fin 2013, Facebook constate une résistance à la publicité sur le mobile, mais les opportunités devraient apparaître selon Deutsche Bank grâce à «l’amélioration de la qualité des différentes formes de monétisation» et «au fur et à mesure de l’accoutumance des utilisateurs aux publicités spécialement conçues pour le mobile». Selon IDC, à lui seul Facebook pourrait s’accaparer 55% du marché mondial de la publicité sur téléphone mobile, estimé à 10 milliards de dollars pour 2014.
Mais les grands groupes d’internet cherchent à aller plus loin. Selon Deutsche Bank, «les applications de messageries sont bien positionnées pour devenir des places de marché transactionnelles». Elles sont devenues pour la plupart d’entre elles les portes d’entrées sur internet, ouvertes plusieurs dizaines de fois par leurs utilisateurs durant la journée. En plus de permettre des communications ou des échanges de contenus, elles peuvent donc faciliter les transactions et capter des commissions. Encore plus dans les pays émergents où la messagerie est souvent la première expérience numérique des utilisateurs de téléphones mobiles.
L’autre partie de la bataille se jouera dans les coordonnées bancaires. La donnée est précieuse car elle permet de réduire les réticences au moment de la conclusion d’une transaction sur son mobile. Apple et Google ont pris de l’avance avec leur place de marché.
Facebook tente de suivre. Le groupe a lancé l’an dernier le service de paiement «Autofill». L’expérience reste pour l’instant limitée mais à terme l’ambition de Facebook est bien de mêler toutes les données de ses utilisateurs pour proposer la meilleure publicité et faciliter une transaction.
{"title":"","image":"80773»,"legend":"Indicateurs du secteur internet»,"credit":""}
Plus d'articles du même thème
-
Rubis contient les nouvelles ambitions d’un actionnaire activiste
Le premier investisseur du spécialiste de la distribution de produits pétroliers n’est pas parvenu à ses fins lors de l’assemblée générale du groupe. -
La Banque du Canada laisse son taux inchangé à 2,25%
Alors que le PIB s’est contracté au premier trimestre, le comité de politique monétaire canadien considère que l’inflation à 2,8% n’est que temporaire, ce qui ne nécessite pas d’intervenir sur les taux. -
Alstom verdit son financement avec une nouvelle obligation hybride
L’émission de 700 millions d’euros conforte, pour l’heure, la notation prisée de l’émetteur en catégorie investisseurs.
ETF à la Une
BlackRock lance à son tour un ETF arrimé à l’économie spatiale
- Le Crédit Mutuel Alliance Fédérale change de directeur général
- Le Crédit Agricole est confronté à la reprise des grandes manœuvres en Italie
- Le commissariat aux comptes séduit plus que jamais les jeunes générations
- Des manquements déclaratifs pourraient coûter 1,8 million d’euros à Bourse Direct
- L'offre d'Intesa sur MPS crée un effet domino pour Axa
Contenu de nos partenaires
-
Souffler sur les braisesViolences à Belfast : pourquoi les émeutes éclatent si vite au Royaume-Uni
De violentes manifestations anti-immigrés ont éclaté mardi soir dans la capitale de l'Irlande du Nord, après une attaque au couteau attribuée à un ressortissant soudanais -
Voix basseAffaire Lyhanna : pourquoi le RN choisit la retenue
D'ordinaire prompt à s'emparer des faits divers pour imposer ses thèmes de prédilection, le RN réagit avec davantage de retenue à l'affaire Lyhanna. Et mise moins sur la surenchère que sur la dénonciation d'une faillite globale de l'Etat -
« Une célébrité surcotée » : Anthropic publie une version sécurisée de Mythos, son IA surpuissante
Anthropic dévoile une version bridée de son IA ultra puissante. Une annonce retentissante qui sert une stratégie de communication bien huilée : l’accès au public est en fait bordé par des tarifs dissuasifs et des garde-fous stricts