Le marché doute de la valeur des fondamentaux de CGG
En renonçant à lancer une offre sur CGG, Technip a pris à contrepied les fonds «event driven» qui avaient misé sur l’ouverture d’un jeu de surenchères. Le cours de l’action CGG s’est écroulé de 29,28% lundi, dans des volumes extrêmement nourris avec plus de 10% du capital échangé. Après un plus bas de séance à 4,25 euros, du jamais vu au cours des dix dernières années, le titre a fini à 4,88 euros, à un niveau largement inférieur au prix qui était le sien juste avant que Technip ne révèle ses vues sur le groupe de services d’études sismiques pour l’industrie pétrolière.
Le 19 novembre, veille de l’annonce de Technip, le cours de CGG valait 6,51 euros. La première proposition du groupe avait été formulée à 8,3 euros.
«Nous avons du mal à identifier d’autres acquéreurs potentiels», admettaient hier les analystes de Raymond James. «Schlumberger rationalise sa flotte» (de bateaux d’acquisitions de données, ndlr), explique le courtier. Il aurait donc du mal à justifier l’acquisition de CGG et de sa propre flotte de navires. «Baker Hugues va fusionner avec Halliburton et a donc déjà beaucoup à faire», poursuit Raymond James. La division pétrole & gaz de General Electric pourrait être un candidat potentiel, mais le courtier craint que le groupe américain ne soit refroidi par ses longues négociations avec l’Etat français sur Alstom.
Sans l’espoir d’une OPA, les actionnaires de CGG s’en remettent donc à ses fondamentaux «aujourd’hui dégradés par la forte baisse des prix du baril de pétrole», reconnaît Gilbert Dupont. Dans ses dernières prévisions, JPMorgan n’exclut pas une chute de plus de 15% des investissements des majors du pétrole en 2015, au-delà de ce qui s’était produit en 2009 lors de la précédente forte correction du prix du brut. Dans ce contexte, Goldman Sachs s’inquiète pour le bilan de CGG «en raison de la dégradation des fondamentaux dans la sismique et des besoins de financement du métier». Le courtier fixe un objectif de cours de 3,3 euros par action.
Après être restée inflexible face à la proposition de Technip, la direction de CGG va devoir prouver la capacité du groupe à demeurer autonome dans une période qui s’annonce encore plus chahutée que prévu. Hier, les obligations high yield à échéance 2020 émise par le groupe en avril pour rembourser ses Océanes traitaient entre 82% et 84% du pair.
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