Le marché des convertibles peine à absorber l’abondance de liquidités à sa disposition
Le marché européen des obligations convertibles s’emballe, avec un rythme d’émissions quasiment quotidien. Hier, deux émetteurs se sont présentés devant les investisseurs avec succès: la foncière italienne Beni Stabili, habituée du genre puisqu’il s’agit de sa troisième convertible de l’année, et le groupe de services informatiques espagnol Indra. Une dernière opération d’un montant de 250 millions d’euros qui illustre la gourmandise des investisseurs pour ce type d’émission, malgré le fait que ce soit la première incursion d’Indra sur le marché, que le groupe soit non noté et qu’il vienne d’un pays en récession.
La semaine dernière, le groupe espagnol de construction ACS, deux qualificatifs qui auraient suffi il y a quelques mois à faire fuir les investisseurs les plus hardis, est parvenu à lever 721 millions d’euros en obligations convertibles en actions Iberdrola. Pour faciliterl’opération, les titres Iberdrola ont été nantis, mais les obligationsont été placées dans de bonnes conditions pour l’émetteur.
Le marché est survitaminé par la demande des investisseurs. «Après les bonnes performances de 2012, les fonds spécialisés ont fortement collecté. De plus, près de 14 milliards d’euros de souches ont disparu depuis le début de l’année, ce qui a encore accru les liquidités des investisseurs», explique Benoît Bout, responsable equity linked chez CA CIB. Selon son alter ego à la Société Générale, Bruno Magnouat, cette abondance a tendance à renchérir le prix des obligations convertibles sur le marché secondaire, d’où le fait que «les investisseurs réclament de nouvelles émissions primaires pour employer leurs liquidités».
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