Le marché de la dette non notée prend son essor en Italie
Longtemps chasse-gardée des banques locales, le marché du financement des nombreuses PME et ETI industrielles italiennes s’ouvre progressivement. Les dispositions législatives définitivement instaurées par le décret du 24 juin 2014 ont facilité l’accès au crédit non bancaire des entreprises, notamment en assouplissant certaines contraintes fiscales, sur les garanties par exemple, mais aussi en permettant à de nouveaux acteurs, comme les assureurs, de prêter de l’argent aux entreprises.
La création l’an dernier par le Fondo italiano d’investimento d’un fonds de fonds spécifiquement dédié à l’investissement dans la dette privée des ETI contribue également à l’essor de ce nouveau marché.
Ce contexte porteur a ainsi permis à Muzinich de réaliser récemment le second closing de son nouveau véhicule «Italian private debt fund», à 200 millions d’euros. Mais la société de gestion américaine, déjà active sur le marché français des EuroPP, prévoit de prolonger sa campagne. «Le closing final du fonds devrait intervenir d’ici à cet été avec un objectif entre 250 et 300 millions d’euros», indique Valeria Lattuada, la gérante du fonds, première structure de ce type en Italie selon elle.
Valeria Lattuada estime que le mouvement de désintermédiation n’en est qu’à ses débuts en Italie. «Le financement des entreprises italiennes de taille intermédiaire est encore très dépendant des banques, à plus de 70%», argumente la gérante. Actif depuis l’an dernier, le fonds a déjà bouclé deux investissements. Il prévoit d’en réaliser 3 supplémentaires d’ici à la fin de l’année. «Nous visons des entreprises rentables, dont l’Ebitda va de 6 à 30 millions d’euros, dans les secteurs manufacturiers ou les services et qui mènent des stratégies de croissance», ajoute Valeria Lattuada.
Selon les estimations, les besoins de financement des entreprises se montent à près de 200 milliards d’euros pour les cinq prochaines années. La politique monétaire de la Banque centrale européenne (TLTRO et QE) a redonné des marges de manœuvre aux banques italiennes, ce qui risque de raviver la concurrence entre prêteurs.
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