Le marché automobile français encaisse un seizième mois consécutif de repli

Les immatriculations ont chuté de 16,4% en mars selon le CCFA, qui mise sur l’effet positif des nouveaux modèles et du déblocage de la participation
Benoît Menou
Yves Perrier
Yves Perrier  - 

Depuis la progression de 2,8% engrangée en novembre 2011, le marché automobile français ne fait qu’accumuler les mauvaises nouvelles, sur fond d’humeur maussade du consommateur.

Le Comité des constructeurs français d’automobiles (CCFA) a ainsi levé le voile hier sans surprise sur un seizième mois consécutif de recul en mars, avec des immatriculations en chute de 16,4%, à 165.244 voitures particulières précisément. Un plongeon ramené à 12,5% à nombre de jours ouvrables comparable (21 en mars 2013, 22 l’an passé). Sur les trois premiers mois de l’année, la baisse se situe à respectivement 14,7 et 12,0%.

«L’attentisme reste terrible chez les particuliers, tous segments confondus», s’est lamenté François Roudier, le porte-parole du CCFA, qui a tout de même confirmé sa prévision d’une baisse d’au moins 5% du marché national sur l’ensemble de 2013.

Le porte-parole veut en effet croire à une «amélioration en termes d’immatriculations à partir du deuxième trimestre». Cela sur la foi de «plusieurs nouveaux modèles (qui) sont en train de monter en puissance» et d’une «épargne salariale (qui) va pouvoir être débloquée et contribuer ainsi à l’acquisition d’une voiture». Référence à une information des Echos évoquant la semaine dernière l’examen par le gouvernement d’un déblocage de la participation salariale pour l’achat d’un véhicule peu polluant. Le quotidien citait Patrick Bailly, président du Conseil nationale des professions de l’automobile (CNPA), pour qui il s’agirait d’une «bouffée d’oxygène».

Une «fausse bonne idée, court-termiste, inefficace et dangereuse pour les salariés et le financement de l’économie», a vivement réagi l’Association française de la gestion financière (AFG).

Pour l’heure, constructeurs français et étrangers affichent des trajectoires comparables, avec des reculs de 14,9 et 14,4% sur le premier trimestre en données brutes. Le groupe Renault (-8,9%) limite pourtant la casse grâce au dynamisme de Dacia (+29,3% en mars, +24,5% sur trois mois). La marque a représenté 22% des volumes écoulés par le groupe, 6 points de mieux que sur le premier trimestre 2012.

Les autres constructeurs en progression à contre-courant en 2013 se comptent sur les doigts d’une main: outre la marque Fiat (+1,3%), il s’agit selon le CCFA du japonais Toyota (+2,9%) et du sud-coréen Hyundai (+10,5%, marques Kia et Hyundai). Volkswagen perd du terrain avec une chute des ventes de 17,1%.

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