Le marché automobile européen semble paré pour un nouveau départ en 2014
A vitesse réduite mais régulière, une confiance prudente continue de s’installer parmi les observateurs quant au sort du marché automobile européen cette année. Les chiffres du mois de décembre se sont révélés rassurants. Selon l’Association des constructeurs européens d’automobiles (Acea) en effet, les immatriculations au sein des Vingt-Sept ont bondi de 13,3% le mois dernier. Cette plus importante hausse mensuelle du marché depuis quatre ans a permis de limiter le repli à 1,7% sur l’ensemble de l’année 2013, à 11,9 millions d’unités.
Après six années consécutives de marche arrière, 2014 devrait marquer un nouveau départ. Sur la foi de chiffres de décembre confirmant leur opinion que le marché est «prêt à faire son retour», les analystes d’Equinet Bank estiment que leur prévision d’une croissance de 5% cette année «est même conservatrice». Jean-François Belorgey, associé responsable du secteur chez EY en France, avance de son côté l’espoir d’un marché en «légère croissance». Le spécialiste voit dans l’évolution du marché ces derniers mois le «début d’un frémissement», soutenu par une économie européenne en cours de stabilisation après le règlement du cas de l’euro et avec un endettement sous contrôle, même si les préoccupations restent vives sur le front du chômage.
Certains marchés notamment ont à ce point souffert qu’une reprise lui semble inévitable, comme en Espagne ou en Italie où la crise a divisé le marché par deux (-7,1% en 2013). L’analyste de Commerzbank Sascha Gommel, qui vise une hausse d’au moins 3% des ventes en 2014, cite également le vieillissement du parc actuel de véhicules ainsi que le faible niveau des taux d’intérêt comme facteurs fondamentaux de reprise. Lundi, le patron de Ford pour l’Europe, Stephen Odell, a estimé entre sept et huit ans l’âge moyen des véhicules sur le Vieux Continent.
Mais si l’ensemble des principaux marchés a enregistré une nette hausse en décembre, jusqu’à 115% aux Pays-Bas (+9,4% en France, +5,4% en Allemagne), la situation est restée bien contrastée sur l’ensemble de l’exercice. La progression de 10,8% engrangée au Royaume-Uni a ainsi atténué la baisse en zone euro (-5,7% en France, -4,2% en Allemagne).
Pour 2014, Jean-François Belorgey avance que les constructeurs français devraient tirer parti de leur positionnement grâce à leurs nouveaux produits. Par ailleurs, Renault devrait continuer de profiter du succès de sa marque low cost Dacia.
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