Le marché attend Accor sur ses réductions de coûts
Mercredi matin, Accor dévoilera son plan stratégique. Pour la première fois depuis sa nomination à la tête du groupe hôtelier fin août dernier, Sébastien Bazin, ancien patron de Colony Europe, s’adressera au marché. Le nouveau PDG n’aura pas droit à l’erreur, alors que Colony et Eurazeo, qui contrôlent de fait le groupe avec 21,4% du capital et 30,4% des droits de vote, ont participé au départ des précédents patrons, Gilles Pélisson et Denis Hennequin.
Pour l’heure, le marché semble faire confiance à Sébastien Bazin, le titre Accor ayant gagné 18% depuis sa nomination contre 8% pour le CAC 40. Il devra transformer l’essai.
Le PDG devra notamment démontrer sa capacité à accélérer la stratégie «asset light», en remplissant l’objectif de 80% du parc hôtelier en franchise ou management contre 57% fin 2012, et en réduisant la dette nette ajustée de 2 milliards d’euros. Sébastien Bazin «pourrait éventuellement maintenir l’objectif final, mais se laisser un peu plus de marge de manœuvre sur la manière et le calendrier d’exécution», note Natixis. Le calendrier pourrait-il être repoussé à 2017?
Alors qu’Accor a annoncé en février dernier un plan d’économies de 100 millions d’euros sur 2013-2014, Sébastien Bazin pourrait annoncer «au moins un doublement», estime Natixis. Oddo table sur un programme de 200 millions. «Nous misons sur un cost-cutting ambitieux et progressif sur la période du plan 2016, note Oddo. Allié à une accélération des RevPars, nous pensons que cela préfigure une accélération des profits au-delà des +10% prévus par le consensus en 2014».
Le marché sera particulièrement attentif à la stratégie de distribution d’Accor, face à la pression de plus en plus forte des OTA (online travel agent), qui pèsent environ 12% des ventes du groupe.
Par ailleurs, le PDG pourrait faire le point sur le périmètre du groupe, certains experts s’interrogeant sur l’avenir de Sofitel et de F1 au sein d’Accor. De plus, «nous attendons un point sur les nominations à venir (nous espérons un recrutement rapide de COO) et sur l’organisation (organisation matricielle par marque et par pays probablement remise en cause)», ajoute Oddo.
Enfin, même si Accor ne devrait pas parler de dividendes mercredi, «nous estimons qu’Accor pourrait rendre 1,5 milliard d’euros aux actionnaires sur les deux prochaines années, soit 6 euros par action», ajoute Raymond James.
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