Le maintien du dividende a tendu la situation financière de Bouygues

Le groupe devrait financer en partie à crédit les 504 millions d’euros de dividendes promis aux actionnaires cette année
Olivier Pinaud
Nicolas Forest
Nicolas Forest  - 

L’annonce fin février du maintien du dividende chez Bouygues, malgré les pertes nettes de sa filiale de télécoms, avait agréablement surpris, provoquant une hausse de 10% du titre en séance. Depuis, la satisfaction s’est transformée en interrogation. En un mois, le cours de l’action du groupe de construction et de communication a perdu 3,6% tandis que dans le même temps le CAC 40 progressait de 1%. Le redressement de Bouygues dépend de la réussite du plan d’économies de 300 millions d’euros engagé dans la filiale de télécoms et destiné à contrer la chute de l’excédent brut d’exploitation provoquée par la concurrence dans la téléphonie mobile.

La direction de Bouygues s’est engagée à stabiliser l’Ebitda de son opérateur de télécoms en 2013 au niveau de 2012 (908 millions d’euros). Un objectif ambitieux. Pourtant positifs sur la valeur, les analystes de Raymond James estiment que le secteur de la téléphonie mobile ne se stabilisera pas avant que Free Mobile n’ait atteint les 16% à 17% de parts de marché, soit deux fois plus qu’actuellement.

De quoi promettre encore plusieurs trimestres compliqués. Seule une baisse des investissements assurerait une remontée des cash-flows. Mais, engagé dans la course à la 4G, le groupe doit continuer à investir dans son réseau.

«Sauf à croire à un redressement très rapide de l’activité télécoms, on peut se demander si le groupe ne va pas être amené à prendre des mesures supplémentaires pour restaurer les équilibres financiers», estiment les analystes de CM-CIC. Dans ce contexte, selon eux, le maintien du dividende à 1,6 euro par action, est au-dessus des moyens du groupe. La situation financière consolidée de Bouygues et de la maison mère exigerait un dividende pérenne de 1,2 euro par action.

Les filiales de construction ou de BTP de Bouygues ne permettront pas de compenser l’absence de remontée de dividende de Bouygues Telecom. Sans compter qu’en raison du régime fiscal du groupe, les pertes de la filiale de télécoms feront disparaître une économie d’impôt de l’ordre de 150 millions d’euros par an, calcule CM-CIC.

Conséquence, alors que Bouygues SA dispose de 750 millions de ressources et doit payer 350 millions d’intérêts sur la dette, il ne lui reste que 400 millions pour le dividende. Or, le groupe s’est engagé à reverser 504 millions d’euros à ses actionnaires. Selon CM-CIC, les obligataires financeront la différence…

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