Le Groupe Partouche se place en sauvegarde pour contrer Oaktree
Les relations se tendent un peu plus entre Partouche et le fonds Oaktree, détenteur d’une grande partie de la dette de la société de casinos et de sa holding de tête. Le Groupe Partouche a demandé et obtenu du tribunal de Commerce de Paris d’être placé en procédure de sauvegarde, avec une période d’observation de six mois. La Financière Partouche, holding de la famille éponyme, était déjà sous sauvegarde depuis le mois d’avril. Celle-ci a été prolongée hier.
A l’origine de ce second appel au tribunal, l’échec des discussions engagées avant l’été avec le pool bancaire dans le but d’aménager la dette du Groupe Partouche, dont l’encours s’élève à 233,7 millions d’euros. Compte tenu de la dégradation de son activité, l’exploitant de casinos ne respecte plus depuis plusieurs mois son ratio de «leverage» (Ebida/dette nette).
Les discussions visaient «à allonger l’échéancier pour le rendre compatible avec la capacité de remboursement de la société et reconsidérer la marge et le niveau des covenants», explique le groupe. Avec 38% de la dette du Groupe Partouche, et environ 33% des 98 millions d’euros de dette de la Financière, Oaktree a pesé de tout son poids dans les discussions. «Malgré des avancées de part et d’autre, aucun accord n’a été trouvé», explique un proche des discussions. Le fonds dit vouloir «defendre ses droits de créanciers».
Les relations entre les deux camps se sont tendues l’an dernier, lors de l’interruption des intérêts versés par la Financière Partouche. Oaktree considère abusive la procédure de sauvegarde ouverte en avril, en rappelant que la famille Partouche pourrait couvrir ses dettes avec les actifs logés dans la holding. Son recours en tierce opposition a été rejeté par le tribunal. Le fonds a fait appel.
Oaktree avait voté en faveur d’un aménagement temporaire des covenants du Groupe Partouche en avril. Mais à l’approche de la clôture des comptes annuels, au 31 octobre, le fonds se montre intraitable. Les éléments fournis par la direction du Groupe Partouche lors de réunions avec les créanciers ont montré que l’exploitant de casinos dépassera de nouveau la limite fixée à 3,1 fois l’Ebitda. En cas de non-respect de ce ratio, les prêteurs peuvent demander l’exigibilité du prêt, ce qui pourrait conduire à une prise de contrôle de la société par ses créanciers. Un risque dont veut se prémunir le Groupe Partouche en se plaçant sous la protection du tribunal.
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