Le gouvernement veut renforcer les industriels face aux distributeurs
Le projet de loi Consommation présenté hier en Conseil des ministres promet un intense lobbying des professionnels de la grande distribution. Le texte initial prévoit en effet une série de mesures destinées à rééquilibrer le rapport de forces entre les fournisseurs et les enseignes comme Leclerc, Carrefour, Casino ou Auchan.
Selon le gouvernement, la balance a eu tendance ces dernières années, notamment sous l’effet de la hausse du prix des matières premières, à pencher en faveur des grands distributeurs, malgré l’avancée des négociations annuelles créées par la loi de modernisation de l’économie de 2008. «Si les industriels n’acceptent pas les exigences des distributeurs, ils prennent le risque de voir leurs commandes annulées ou de ne plus voir leurs produits commercialisés par l’enseigne», insiste le projet de loi.
Le texte préparé par les services de Pierre Moscovici et de Benoît Hamon promet ainsi de renforcer et de clarifier le cadre juridique des négociations commerciales annuelles entre industriels et distributeurs. «La négociation a pour point de départ les conditions générales de vente du fournisseur qui constituent le cadre dans lequel les conditions particulières de vente peuvent être consenties (réduction du prix en fonction des volumes…)», précise le projet de loi.
Ces conditions générales et toutes les clauses particulières devront ainsi être obligatoirement indiquées lors des négociations annuelles. L’objectif vise notamment à éviter que les distributeurs s’appuient sur les conditions tarifaires de leurs fournisseurs de l’année écoulée pour débuter les négociations, empêchant ainsi les industriels de passer les éventuelles hausses de charges auxquelles ils doivent faire face.
Dans ce cadre, le rôle de sanction de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) sera renforcé. Aujourd’hui, pénalement condamnables, les pratiques interdites sont rarement sanctionnées. «Pour dissuader les opérateurs d’enfreindre la loi, il est prévu de remplacer cette sanction pénale par une amende administrative, qui sera plus efficace et plus rapide», indique le projet. La DGCCRF pourra notamment s’appuyer sur les informations obligatoires fournies lors des négociations annuelles pour évaluer le préjudice.
Plus d'articles du même thème
-
Fort d'une reprise de sa marge et de ses commandes, Technip Energies confirme son rebond
Le spécialiste de l'ingénierie pour les projets énergétiques a enregistré une nette hausse de sa rentabilité en trois mois et il engrange les contrats. Son action reprend des couleurs en Bourse. -
Pernod Ricard a bouclé le rachat de 1,2 milliard d'euros de ses obligations
L'entreprise avait annoncé le 22 octobre dernier avoir placé en deux tranches pour 1,5 milliard d'euros d'obligations à durée indéterminée auprès d'investisseurs qualifiés. -
Pluxee prend l'eau en Bourse après ses perspectives
Le spécialiste des titres-restaurant a prévenu qu'il s'attendait à un exercice de transition lors duquel son excédent brut d'exploitation s'inscrirait en repli.
ETF à la Une
Les gérants allocataires affinent leur utilisation des ETF
- Les salariés des caisses régionales du Crédit Agricole obtiennent près de 2,2% d’augmentation
- Le diable se cache dans les détails, Safran l'apprend à ses dépens
- Tégo divorce d'Allianz et AGPM
- Alan joue les trouble-fête avec le méga contrat santé de la Sécu
- Microsoft propose à 60.000 salariés de quitter l'entreprise
Contenu de nos partenaires
-
« Remporter la bataille informationnelle » : comment LFI s’inspire de la stratégie numérique de Lula
Canal Whatsapp, blocage des comptes d’extrême droite… Les insoumis relaient sur les réseaux sociaux des techniques présentées comme ayant permis la réélection du président brésilien Lula. Non sans fausse note. -
Championne d'Europe des impôts : la France reprend sa couronne au Danemark
Avec une hausse des impôts en 2025, la France a un taux de prélèvements obligatoires qui atteint 46 % du PIB en 2025, contre 45,1 % en 2024, et reprend donc la première place au Danemark -
Numéro de téléphoneUkraine : les Européens veulent être représentés dans les négociations, mais par qui ?
La récente agitation diplomatique dans le dossier russo-ukrainien a relancé cette question, sur laquelle l’Europe ne cesse de buter