Le gouvernement cible les bénéfices des sociétés d’autoroutes
Les sociétés d’autoroutes vont passer au péage. La ministre de l’Ecologie, Ségolène Royal, a indiqué hier réfléchir à un prélèvement sur les bénéfices des concessionnaires comme Vinci Autoroutes ou APRR pour compenser la suspension sine die du dispositif d'écotaxe sur les poids lourds. La priorité est «le prélèvement du profit des autoroutes. C’est quand même le bon sens et c’est un principe pollueur payeur», a appuyé la ministre de l’Ecologie.
Mardi, le ministre de l’Economie, Emmanuel Macron, avait déjà annoncé qu’il remettrait avec Ségolène Royal des propositions au Premier ministre dans les prochaines semaines sur les concessionnaires autoroutiers. Un groupe de travail va être mis en place la semaine prochaine avec toutes les parties prenantes.
Selon Ségolène Royal, «les entreprises [de transports routiers, ndlr] ont pris connaissance la semaine dernière de la publication des profits des sociétés d’autoroute et cet élément-là a suscité beaucoup d’interrogations, pour ne pas dire de la colère, dans les entreprises qui s’apprêtaient à être taxées». «Sur 100 euros de péage payés par l’usager, 22 sont du profit net pour les sociétés d’autoroute (...) qui ont permis la redistribution de 15 milliards de dividendes depuis la privatisation. On comprend que les entreprises de transport routier aient demandé d’abord la mise à plat des flux financiers», a ajouté la ministre de l’Ecologie.
Hier soir, les différents concessionnaires d’autoroutes ainsi que leur association professionnelle, l’Afsa, n’avaient pas réagi aux propos de Ségolène Royal. Mi-septembre, lors de la remise de l’avis de l’Autorité de la concurrence sur le secteur, l’Afsa avait néanmoins rappelé que les sociétés concessionnaires d’autoroutes versent chaque année 4 milliards d’euros de recettes fiscales à l’Etat.
La proposition de Ségolène Royal intervient alors que la Commission européenne doit se prononcer avant le 21 octobre sur le plan autoroutier signé entre l’Etat et les concessionnaires. Dans son avis, l’Autorité de la concurrence a recommandé de profiter de cette occasion pour renégocier le plan de relance autoroutier, estimant que les sociétés françaises concessionnaires affichent une rentabilité exceptionnelle assimilable à une rente qui doit être davantage régulée en faveur de l’Etat et des usagers.
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