Le FSI paraît assuré de remplacer Areva au capital d’Eramet
Nommé par l’Etat à la présidence du directoire d’Areva en juin 2011, à la place d’Anne Lauvergeon, Luc Oursel finalise le plan stratégique qu’il doit présenter le 12 décembre au conseil de surveillance du groupe de nucléaire. Sa feuille de route est tracée: trouver les ressources nécessaires pour affronter «l’hiver nucléaire» provoqué par la catastrophe de Fukushima et compenser une consommation de trésorerie qui a atteint 1,9 milliard d’euros rien qu’au premier semestre 2011. Des économies seront au programme, sans suppressions de postes en France, comme s’y est engagé Luc Oursel auprès de l’Etat actionnaire. Leur montant pourrait atteindre 500 millions d’euros par an, selon l’AFP.
Des cessions sont aussi attendues, avec en première ligne celle des 25,69% au capital d’Eramet. Ce bloc, valorisé 550 millions d’euros aux cours de Bourse actuels du groupe minier, devrait revenir au Fonds stratégique d’investissement (FSI) plutôt qu'à l’Agence des Participations d’Etat (APE), également candidate. «L’Etat a tranché le sujet», ont indiqué plusieurs sources à L’Agefi. Le FSI, qui ne fait aucun commentaire, connaît bien le dossier. Il l’a déjà étudié début 2010, mais l’opération avait échoué car Eramet valait trois fois plus cher qu’aujourd’hui. Le FSI ne pouvait pas mobiliser 1,5 milliard.
Même si le cours d’Eramet a été divisé par trois, la cession du bloc permettra à Areva de dégager une plus-value de plusieurs centaines de millions. Les 25,69% au capital ont été reçus de l’Etat en 1999, lors de la recomposition du tour de table d’Eramet. A l’époque, le groupe minier valait deux fois moins cher qu’actuellement.
Areva est lié par un pacte d’actionnaire à la famille Duval qui, via Sorame-Ceir, détient 36,9% du capital d’Eramet. L’accord est sensible car il organise la gouvernance de la société. Reconductible tous les six mois, de façon tacite, le pacte arrive à échéance le 31 décembre 2011. Mais rien n’empêche Areva de céder sa participation avant cette date. Sorame-Ceir dispose d’un droit de préemption («premier refus»). Enfin, le pacte prévoit que si 80% du bloc est vendu, l’accord devient caduc.
Compte tenu de ses positions en Nouvelle-Calédonie, et de son potentiel diplomatique en Afrique et en Asie, Eramet est un actif stratégique pour l’Etat. Ce dernier a trop tôt fait savoir qu’il ne laisserait pas tomber un bloc de 25% au capital entre les mains d’un grand groupe minier.
Plus d'articles du même thème
-
Carne Group nomme un responsable des solutions ETF
Il s’agit de Daniel Osborne, qui est notamment passé chez State Street IM et BlackRock. -
Le fonds souverain d’Indonésie revoit son état-major
L'Indonesia Investment Authority vient de procéder au renouvellement d’une partie de son équipe de direction. -
State Street IM et Ninety One s'associent pour lancer des ETF actifs
Les premiers lancements porteront principalement sur des ETF Ucits gérés activement, axés sur les actions mondiales et les marchés émergents.
ETF à la Une
Franklin Templeton dévoile quatre ETF sectoriels américains
- BPCE, Crédit Agricole SA et le Crédit Mutuel comptent 161 banquiers millionnaires
- Atos joue gros avec un refinancement à 1,25 milliard d’euros
- BofA clame sa prudence sur Renault et Stellantis
- Eric Larchevêque fait machine arrière sur son projet de «bitcoin treasury company»
- Wero pousse les feux sur son application
Contenu de nos partenaires
-
Guerre en Ukraine : au moins 24 morts à Kiev après une attaque russe massive
Kiev - Le bilan des bombardements russes massifs qui ont frappé Kiev dans la nuit de mercredi à jeudi s’est alourdi à 24 morts dont trois enfants, ont annoncé tôt vendredi les services de secours, alors que se poursuivent les opérations de déblaiement d’un immeuble effondré. -
A Pékin, une ultime journée de discussions entre Trump et Xi
Pékin - Donald Trump et son homologue Xi Jinping mènent vendredi à Pékin une ultime journée de discussions pour assurer la détente recherchée lors d’un sommet où le président américain a dit avoir décroché une offre d’aide pour rouvrir le détroit d’Ormuz et la promesse d’une importante commande de Boeing. Après un déjeuner de travail avec M. Xi, M. Trump reprend l’avion en début d’après-midi au terme de deux jours de visite placés, malgré le faste et les amabilités, sous le signe des tensions globales et bilatérales. M. Trump repartira avec des paroles encourageantes de M. Xi sur la crise dans laquelle il est empêtré au Moyen-Orient, a-t-il dit selon un extrait d’un entretien accordé à la chaîne Fox News. M. Xi lui a déclaré «avec force» qu’il ne fournirait pas de matériel militaire à l’Iran, a-t-il indiqué. Quant au détroit d’Ormuz, «il a dit: +Si je peux être d’une quelconque aide, je serai ravi d’aider», a ajouté M. Trump. Le dirigeant chinois lui a aussi promis l’achat de 200 «gros» Boeing, a-t-il dit. C’est considérable, mais moindre que la commande de 500 avions monocouloirs 737 MAX et d’une centaine de gros porteurs (787 Dreamliner et 777) évoquée par la presse depuis des mois. La Chine est un partenaire stratégique et économique primordial pour l’Iran qui lui destine la grande majorité de ses exportations de pétrole. Elle est directement touchée par la quasi-fermeture, sous l’effet des blocus iranien et américain, du détroit d’Ormuz par lequel transite une grande part de ses acquisitions d’hydrocarbures, d’Iran mais aussi d’autres pays du Golfe. L’Iran a annoncé jeudi, en plein sommet pékinois, que ses forces avaient autorisé le passage de plusieurs navires chinois. Washington voudrait voir Pékin user de son influence sur Téhéran pour contribuer à une sortie de crise dans le Golfe. Tout en s’employant diplomatiquement, Pékin a observé jusqu'à présent une grande retenue. «Nation en déclin» C’est l’un des sujets de crispation que le sommet est destiné à atténuer, sinon à dissiper. Ils abondent: Iran donc, Taïwan, relations commerciales, restrictions d’accès aux terres rares et aux semi-conducteurs, intelligence artificielle et propriété intellectuelle... Ils se sont manifestés ouvertement jeudi avec une mise en garde vigoureuse du président chinois quant au risque de «conflit» entre Chine et Etats-Unis au sujet de Taïwan. Les propos de M. Xi ont dominé le premier jour de la visite. La compétition - stratégique, commerciale, technologique - est extensive et la Chine semble miser sur un déclin des Etats-Unis, subtilement évoqué par Xi Jinping lui-même lorsqu’il a cité l’historien de l’Antiquité grecque Thucydide, théoricien du risque de guerre lorsqu’une puissance émergente entre en rivalité avec une puissance dominante. M. Trump a répondu jeudi soir dans un message sur sa plateforme Truth Social. «Le président Xi a fait très élégamment référence aux Etats-Unis comme étant peut-être une nation en déclin», a-t-il dit. Mais selon lui, l’homme fort de Pékin avait à l’esprit les Etats-Unis de son prédécesseur Joe Biden, pas l’Amérique actuelle. «Il y a deux ans, nous étions effectivement une nation en déclin. Aujourd’hui, les Etats-Unis sont le pays le plus génial de la planète», a-t-il dit. «Stabilité constructive» Depuis le retour de M. Trump à la Maison Blanche, Chine et Etats-Unis se sont livré une âpre guerre commerciale aux répercussions planétaires, à coups de droits de douane exorbitants et de restrictions multiples. MM. Trump et Xi ont conclu une trêve en octobre et, depuis, la Cour suprême américaine a mis à bas les droits de douane généralisés de l’administration Trump. Mais le cessez-le-feu commercial reste exposé à l’instauration de nouvelles surtaxes américaines envisagées par le républicain. Actuellement, l'économie mondiale et la Chine ressentent les effets de la guerre menée par M. Trump avec Israël contre l’Iran. M. Xi a réaffirmé jeudi le vœu chinois de certitude et de prévisibilité dans un monde en proie aux turbulences. Lui et M. Trump se sont entendus pour désigner désormais les rapports sino-américains comme une «relation de stabilité stratégique constructive», selon la diplomatie chinoise. Le président chinois a promis d’ouvrir «toujours plus grand» la Chine aux entreprises étrangères. Avec l’excédent commercial chinois, les pratiques déloyales ou les violations de propriété intellectuelle imputées à la Chine, les obstacles à l’accès au marché chinois sont l’un des grands griefs des Etats-Unis, comme d’autres pays développés, à l’encontre de Pékin. M. Trump a emmené avec lui une importante délégation de grands patrons. La Maison Blanche espère repartir avec un certain nombre d’accords, par exemple dans le domaine de l’agriculture, ou de promesses d’investissements chinois aux Etats-Unis. Selon le ministre américain des Finances, Scott Bessent, présent à Pékin, les deux pays ont discuté de la mise en place de garde-fous contre les risques de cyberattaques favorisées par l’intelligence artificielle. Danny KEMP et Laurent LOZANO © Agence France-Presse -
Royaume-Uni : potentiel concurrent de Keir Starmer, le ministre de la Santé démissionne
Wes Streeting, qui pourrait devenir un concurrent de Keir Starmer à la direction du Labour pour pouvoir ravir Downing Street, a annoncé sa démission du gouvernement, jeudi 14 mai