Le FSI paraît assuré de remplacer Areva au capital d’Eramet

L’Etat, qui souhaite conserver les 26 % du minier dans la sphère publique, a préféré le Fonds à l’APE, assurent plusieurs sources à L’Agefi
Olivier Pinaud
Légende : Luc Oursel président du directoire d’Areva. Photo: Hamilton/REA
Légende : Luc Oursel président du directoire d’Areva. Photo: Hamilton/REA  - 

Nommé par l’Etat à la présidence du directoire d’Areva en juin 2011, à la place d’Anne Lauvergeon, Luc Oursel finalise le plan stratégique qu’il doit présenter le 12 décembre au conseil de surveillance du groupe de nucléaire. Sa feuille de route est tracée: trouver les ressources nécessaires pour affronter «l’hiver nucléaire» provoqué par la catastrophe de Fukushima et compenser une consommation de trésorerie qui a atteint 1,9 milliard d’euros rien qu’au premier semestre 2011. Des économies seront au programme, sans suppressions de postes en France, comme s’y est engagé Luc Oursel auprès de l’Etat actionnaire. Leur montant pourrait atteindre 500 millions d’euros par an, selon l’AFP.

Des cessions sont aussi attendues, avec en première ligne celle des 25,69% au capital d’Eramet. Ce bloc, valorisé 550 millions d’euros aux cours de Bourse actuels du groupe minier, devrait revenir au Fonds stratégique d’investissement (FSI) plutôt qu'à l’Agence des Participations d’Etat (APE), également candidate. «L’Etat a tranché le sujet», ont indiqué plusieurs sources à L’Agefi. Le FSI, qui ne fait aucun commentaire, connaît bien le dossier. Il l’a déjà étudié début 2010, mais l’opération avait échoué car Eramet valait trois fois plus cher qu’aujourd’hui. Le FSI ne pouvait pas mobiliser 1,5 milliard.

Même si le cours d’Eramet a été divisé par trois, la cession du bloc permettra à Areva de dégager une plus-value de plusieurs centaines de millions. Les 25,69% au capital ont été reçus de l’Etat en 1999, lors de la recomposition du tour de table d’Eramet. A l’époque, le groupe minier valait deux fois moins cher qu’actuellement.

Areva est lié par un pacte d’actionnaire à la famille Duval qui, via Sorame-Ceir, détient 36,9% du capital d’Eramet. L’accord est sensible car il organise la gouvernance de la société. Reconductible tous les six mois, de façon tacite, le pacte arrive à échéance le 31 décembre 2011. Mais rien n’empêche Areva de céder sa participation avant cette date. Sorame-Ceir dispose d’un droit de préemption («premier refus»). Enfin, le pacte prévoit que si 80% du bloc est vendu, l’accord devient caduc.

Compte tenu de ses positions en Nouvelle-Calédonie, et de son potentiel diplomatique en Afrique et en Asie, Eramet est un actif stratégique pour l’Etat. Ce dernier a trop tôt fait savoir qu’il ne laisserait pas tomber un bloc de 25% au capital entre les mains d’un grand groupe minier.

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