Le doute s’accroît sur les objectifs de redressement financier de PSA

A la suite de la hausse du BFR de Faurecia, la prévision d’un cash-flow libre à l’équilibre pour le constructeur d’ici fin 2014 paraît plus incertaine
Yves-Marc Le Reour

Si l’effondrement du marché automobile européen en fin d’année a eu des effets bien plus négatifs que prévu sur la génération de cash-flow et le niveau d’endettement de Faurecia, cela rendra également plus difficile le maintien des objectifs financiers de sa maison mère PSA. Le dérapage de 200 millions d’euros de la dette nette de Faurecia au 31 décembre par rapport au consensus est en effet lié à la forte dégradation de son besoin en fonds de roulement (BFR), provoquée par une hausse des stocks combinée à une baisse des créances clients.

Or Faurecia «peut être comparé à PSA concernant son exposition au marché européen, qui se trouve être la plus mauvaise de sa catégorie», jugent le bureau d’analyse de Kepler. Malgré la cession de 1,5 milliard d’actifs l’an dernier par le groupe automobile, la contre-performance de sa filiale à 57,4%, consolidée par intégration globale, met donc une pression supplémentaire sur l’objectif d’une dette nette de 3 milliards d’euros à fin 2012 pour PSA. De surcroît, l’endettement net de Faurecia «ne devrait repartir à la baisse qu’au début du second semestre 2013», pronostiquent les analystes de CM-CIC Securities.

La prévision d’un «retour à l’équilibre du cash-flow libre opérationnel à fin 2014» pour le groupe, grâce à des économies de coûts supplémentaires de 1,5 milliard d’ici à 2015, paraît encore plus incertaine. En effet, ses efforts pour améliorer l’efficacité de son outil industriel et abaisser son point mort devront être d’autant plus grands que la concurrence ne reste pas inerte, comme en témoigne Renault qui espère atteindre 500 millions d’euros d’économies par an d’ici 2016 grâce au plan de réduction de ses coûts fixes en France.

Le respect des objectifs de redressement de PSA dépend enfin de l’aval de Bruxelles concernant le soutien accordé par la France à sa filiale bancaire (BPF) par le biais de garanties publiques. «Si la Commission estimait que cette garantie d’un montant de 7 milliards d’euros est une aide d’Etat, elle pourrait alors exiger des concessions en échange, notamment en termes de restructuration ou de cessions d’actifs, au moment où les prix sont peu élevés», relèvent les analystes d’Aurel BGC. Les défis sont donc multiples pour le constructeur automobile qui pourrait être amené à actualiser ses perspectives le 13 février prochain, lors de la présentation de ses résultats annuels.

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