Le diamant perd de son éclat aux yeux des géants mondiaux de la mine
Faisant fi de l’incrédulité qu’il ne manquera pas de susciter place Vendôme, Rio Tinto a indiqué hier qu’il entendait délaisser le diamant au profit du cuivre ou du minerai de fer. Lançant implicitement un appel à candidature, le groupe minier a annoncé avoir entamé une revue stratégique de ses actifs dans le secteur, à savoir trois mines exploitées en Australie (détenue à 100%), au Zimbabwe (78%) et au Canada (60%), ainsi qu’un projet avancé en Inde (100%). Responsable du diamant au sein du groupe basé à Londres, Harry Kenyon-Slaney a indiqué que «la procédure pourrait prendre un certain temps». Rio Tinto a hier également fait état de nombreuses marques d’intérêt pour ses actifs dans l’aluminium, mis sur le marché en octobre.
En dépit d’une certaine volatilité des cours depuis l’automne et d’une correction de 10 à 13% attendue cette année par le consultant spécialisée Tacy, les fondamentaux de la pierre précieuse restent pourtant porteurs, sur la base d’une demande en hausse (notamment en provenance de Chine ou d’Inde) et d’une offre limitée (par le manque de découvertes de nouveaux gisements). Mais la taille de l’activité et ses perspectives de croissance au sein du groupe ont poussé Rio Tinto dans la voie de l’abandon. En 2011 en effet, le diamant avec 10 millions de dollars (en chute de 86%) a généré moins de 0,1% du résultat du groupe. En extrayant 11,7 millions de carats, Rio Tinto a alors fait jeu égal avec BHP Billiton, les deux géants miniers restant avec chacun 7% du marché mondial loin derrière Alrosa (24%) et De Beers (21%).
Le groupe anglo-australien pourrait récolter 2 milliards de dollars grâce à la cession de ses actifs dans le diamant, selon un analyste cité par Reuters, voire 2,6 milliards selon une note de Bank of America. Cela pour une valeur comptable de 1,2 milliard.
Rio Tinto rejoint sur le sujet son concurrent minier à l’échelle mondiale, BHP Billiton, qui a lui aussi justifié en novembre une revue stratégique du diamant en raison d’une taille insuffisante de cette activité. Les prétendants pourraient d’ailleurs être les mêmes, à l’image de KKR et du joaillier américain Harry Winston (qui détient le solde de 40% de la mine canadienne de Rio Tinto). Ces deux acteurs lorgnent notamment selon Bloomberg la mine canadienne d’Ekati contrôlée par BHP pour 500 à 700 millions de dollars.
Par ailleurs, Rio Tinto a annoncé avoir achevé lundi son programme de rachat de titres de quelque 7 milliards de dollars entamé en février 2011.
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