Le départ surprise de la directrice financière de KPN sème le trouble
Nouvel avertissement sur résultats ? Moins de rigueur financière ? Les investisseurs s’interrogent. L’action de l’opérateur néerlandais a perdu 2,59 %
Publié le
Olivier Pinaud
Déjà souvent mal perçue en temps normal, la démission d’un directeur financier peut avoir des conséquences bien plus marquées en période de crise économique. KPN en a fait l’amère expérience hier avec le départ surprise de sa directrice financière Carla Smits-Nusteling, également membre du directoire de l’opérateur néerlandais de télécommunications. Le cours de son action a chuté de 2,59 % à 9,08 euros, emporté par une vague d’interrogations sur la politique financière à venir du groupe. D’autant que ce départ intervient après celui annoncé en novembre 2011 d’un autre membre du directoire, Baptiest Coopmans. Carla Smits-Nusteling sera remplacée en interne le temps de trouver un nouveau directeur financier.
Officiellement, le départ de Carla Smits-Nusteling est lié à la mise en place, depuis lundi, de la nouvelle organisation de direction de KPN, censée améliorer et fluidifier les prises de décision. La directrice financière, qui restera en place jusqu’au 31 mars 2012, se dit en désaccord avec ce nouveau mode de gouvernance. Une explication que les investisseurs ont du mal à accepter alors que le principe de cette organisation avait été décidé et annoncé par le directoire au printemps 2011.
Conséquence, comme le résume Stuart Gordon, analyste chez Berenberg Bank, les investisseurs se demandent si la démission brutale de Carla Smits-Nusteling n’est pas liée à un «nouvel avertissement sur résultats en perspective». Eelco Blok, le directeur général de l’opérateur, avait abaissé la prévision de résultats 2011 du groupe en avril, peu de temps après son arrivée aux commandes.
«Même s’il est encore prématuré de penser que son départ pourrait entraîner un retour vers une politique de rémunération des actionnaires moins favorable aux créanciers, nous pensons que c’est un important risque à surveiller», s’inquiètent pour leur part les analystes de CreditSights. Directrice financière de KPN depuis septembre 2009, Carla Smits-Nusteling prônait depuis quelques mois une plus grande rigueur financière, notamment en matière de rachats d’actions. En deux ans, le groupe néerlandais a dépensé 2 milliards d’euros sur le marché, soit 15% de sa capitalisation boursière.
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