Le départ du patron de ST-Ericsson accroît l’incertitude sur la coentreprise

Effective au 31 mars, la démission de Didier Lamouche reflète les difficultés rencontrées par ST-Ericsson pour transformer son modèle économique
Yves-Marc Le Reour
L'annonce de la démission de Didier Lamouche sur le site de STE. Photo: PHB
L'annonce de la démission de Didier Lamouche sur le site de STE. Photo: PHB  - 

La démission du PDG de ST-Ericsson Didier Lamouche, resté moins de 15 mois à ce poste, reflète les difficultés rencontrées par la société dans la transformation de son modèle économique. Entré début 2011 chez STMicroelectronics (STM) comme directeur des opérations (chief operating officer ou COO), Didier Lamouche avait été nommé en décembre de la même année à la tête de la coentreprise formée avec le suédois Ericsson dans les composants pour téléphones portables. Il avait alors mis en suspens son rôle de COO du fabricant de semi-conducteurs pour se consacrer au redressement de cette filiale.

Carlo Bozotti, PDG de STM, a remercié Didier Lamouche pour la «contribution exceptionnelle» qu’il a apportée à la coentreprise. Ce dernier quittera également sa fonction de COO de STM afin de «poursuivre d’autres opportunités». Alors que son départ sera effectif au 31 mars, aucune information n’a été communiquée sur l’identité de son successeur.

STM, qui veut se désengager de la coentreprise avant fin septembre, estimait fin janvier que les besoins de financement et les coûts de restructuration liés à ce retrait seraient compris entre 300 et 500 millions de dollars pour 2013. L’avenir de ST-Ericsson, dont les principaux sites sont à Lund (Suède) et à Grenoble, semble d’autant plus compromis qu’Ericsson n’entend pas reprendre la part de son partenaire. «Une société chinoise pourrait être intéressée par cet actif pour développer son activité de composants destinés à ses propres terminaux ou tablettes», avancent les analystes de Pohjola Bank à Helsinki.

Si une cession n’est pas exclue, une dissolution de la coentreprise, qui comptait 5.000 employés en 2012, est également envisagée par l’équipementier télécoms suédois. Par rapport à son concurrent Qualcomm, le retard pris par ST-Ericsson dans la fourniture de plates-formes pour smartphones et de modems pour réseaux mobiles de 4e génération a rendu plus délicate la réorientation de ses activités après l’adoption par Nokia, son principal client, du système d’exploitation Windows Phone de Microsoft.

Depuis sa création en 2009, ST-Ericsson n’a d’ailleurs jamais atteint le seuil de rentabilité opérationnelle. Sa perte d’exploitation ajustée a dépassé 800 millions de dollars en 2012 et elle s’attend à un «repli séquentiel très significatif» de ses ventes au premier trimestre de cette année.

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