Le départ du directeur général renforce les interrogations sur AstraZeneca
L’inquiétude monte chez AstraZeneca. Conséquence de résultats trimestriels bien en dessous des attentes : son directeur général, David Brennan vient de démissionner. Au cours des six années passées à la tête du groupe, David Brennan a fait le choix de se concentrer sur le développement de nouveaux médicaments, et a privilégié le retour aux actionnaires, en relevant le dividende chaque année et en rachetant massivement ses actions. Cette stratégie «ne s’accompagne pas d’un redéploiement industriel, note Natixis. Or, le groupe est confronté à des échéances de brevets significatives d’ici 2016 (45% du résultat opérationnel 2011)».
Les résultats du premier trimestre ont été «un cauchemar», souligne Bryan Garnier. Le chiffre d’affaires a reculé de 11%, tandis que le résultat opérationnel et le bénéfice par action «core» chutaient de 19%. Les ventes baissent sur toutes les zones (-19% en Europe de l’Ouest et -10% aux Etats-Unis), hormis les marchés émergents (+1%, grâce aux +13% de la Chine). Le laboratoire a dû réviser à la baisse sa perspective de bénéfice par action pour 2012 de 5,85 à 6,15 dollars, contre une fourchette de 6 à 6,30 dollars annoncée en février. Ces annonces ont été sanctionnées par une chute de 6,14% du titre, qui se paie seulement 7 fois ses bénéfices attendus pour 2012, contre 13 fois pour le secteur européen.
Dans cette situation d’urgence, le directeur financier, Simon Lowth, assurera l’intérim à compter du 1er juin, et sera lui-même remplacé par Julie Brown, vice-président finances. «Il devra faire face avec le même portefeuille et le même pipeline, il est donc peu probable que l’histoire change à court terme, ajoute Bryan Garnier. Les acquisitions pourraient être reportées jusqu’à la nomination du nouveau directeur général». AstraZeneca avait annoncé en début de semaine le rachat de l’américain Ardea Biosciences pour 1,26 milliard de dollars. David Brennan «a fait du bon travail, mais il est temps que quelqu’un redynamise le pipeline, explique WestLB. Je pense toujours que les licences et les petites acquisitions sont une bonne direction à suivre. Ils ont besoin de quelqu’un pour mener cette stratégie».
Leif Johansson succédera comme président non exécutif à Louis Schweitzer le 1er juin, trois mois plus tôt que prévu, et s’attellera au choix du futur patron, en interne ou à l’extérieur, conseillé par le cabinet Spencer Stuart.
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