Le décès de Leonardo Del Vecchio ouvre une ère d’incertitude chez EssilorLuxottica
Une grande figure du monde des affaires en Italie vient de s'éteindre. Leonardo Del Vecchio, milliardaire et président du conseil d’administration du lunetier franco-italien EssilorLuxottica, est décédé à l'âge de 87 ans à Milan. EssilorLuxottica a confirmé le décès de son président dans un communiqué, ajoutant que le conseil d’administration allait se réunir pour «décider des prochaines étapes».
Leonardo Del Vecchio a amassé une fortune de plus de 30 milliards d’euros, selon le Corriere Della Serra, entre industrie et finance. Il présidait encore le géant de l’optique EssilorLuxottica, né en 2018 de la fusion entre son entreprise Luxottica, qu’il a créée en 1961, et le français Essilor. Le «mariage entre égaux» des deux groupes s'était vite résumé à une lutte de pouvoir, qui avait vu la victoire de l’homme d’affaires milanais et du camp italien. Début 2019, Leonardo Del Vecchio avait accusé son vice-PDG, Hubert Sagnières, d’avoir rompu l'égalité des pouvoirs, alors qu’un accord prévoyait un équilibre entre lui et l’ancien PDG d’Essilor devenu numéro deux du groupe fusionné. Fin 2020, tous deux s'étaient mis en retrait au profit d’un nouveau duo franco-italien par intérim. Mais avec 32% du capital, la famille Del Vecchio restait maîtresse à bord de l’entreprise, propriétaire de la marque Ray-Ban et premier distributeur mondial de lunettes avec 180.000 employés et plus de 7.000 points de vente. L’action EssilorLuxottica a fini en baisse de 2,2% à 143,30 euros, lundi à la Bourse de Paris.
L’influence de l’homme d’affaires s'étendait au-delà de sa propre entreprise. Sa holding Delfin est le principal actionnaire de la banque Mediobanca et détient une participation d’un peu moins de 10% chez Generali. De quoi lui donner une position au cœur du capitalisme transalpin, dont les deux groupes financiers constituent historiquement des maillons essentiels. Son dernier combat, au printemps, lorsqu’il avait soutenu une résolution d’actionnaires dissidents chez l’assureur, s’est cependant soldé par un échec. Là aussi, le sort et la gouvernance des participations détenues par Delfin suscitent l’interrogation en Italie. Le milliardaire avait prévu de laisser 25% du capital de sa holding à sa veuve Nicoletta Zampillo, et 12,5% à chacun de ses six enfants. Le cours de Bourse de Mediobanca s’inscrivait en baisse de 2,16%, et celui de Generali chutait de 3% lundi soir.
Il était par ailleurs vice-président du conseil d’administration du groupe immobilier Covivio, qu’il avait intégré en 2007.
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