Le décalage entre les cours de l’or et les mines aurifères s’amplifie
Alors que l’or vole de record en record, les actions des mines aurifères stagnent. Fréquente, la décorrélation entre les cours physique du métal précieux et la valeur des grands producteurs s’est toutefois amplifiée ces derniers mois. L’échappée des cours de l’or s’est produite en début d’année 2011, au moment où le métal jaune prenait ses distances avec la barre des 1.300 dollars l’once. «Il y a un manque de confiance du marché dans la capacité de l’or à se maintenir au-dessus des 1.300 dollars», indiquent les spécialistes de Citigroup, qui attendent un cours de l’or à 1.650 dollars l’an prochain, contre une précédente estimation de 1.325 dollars.
La différence de performance entre les deux marchés s’explique notamment par les risques politiques qui pèsent sur l’exploitation des mines. Entre septembre 2010 et juin 2011 par exemple, alors que les régimes égyptiens et ivoiriens basculaient, les groupes aurifères britanniques ont perdu 30% de leur valeur en Bourse quand l’or gagnait 14%. Autre argument : la faible liquidité du marché des mines aurifères. De plus en plus de gestions se tournent vers les fonds indiciels cotés (ETF) qui permettent de se positionner sur l’ensemble des valeurs d’un indice. Lundi, le SPDR Gold Trust a ainsi atteint un encours de 77,5 milliards de dollars devenant le plus gros ETF mondial devant les 76,5 milliards du SPDR S&P 500.
Les valeurs aurifères pourraient néanmoins combler une partie de leur retard alors que la méfiance a tendance à disparaître «lorsque l’or se stabilise sur une période relativement longue plutôt que d’augmenter de façon exponentielle chaque semaine», rappelle Citigroup. Etrangement, les valeurs aurifères «pourraient ainsi progresser plus fermement si l’or se stabilise entre 1.500 et 1.700 dollars pendant six mois plutôt que d’évoluer anarchiquement entre 1.600 et 2.000 dollars».
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