Le Crédit Agricole se trouve dans une position acrobatique chez CS

En plus de financer la SSII, la banque tient 27,97% du capital de la société en nantissement de sa créance sur la holding de Yazid Sabeg, président de CS
Olivier Pinaud

L’avenir de CS (Communication & Systèmes), et celui de son premier actionnaire Yazid Sabeg, sont entre les mains du Crédit Agricole. Selon les informations de L’Agefi, CA CIB, la banque de financement et d’investissement du groupe, détient potentiellement 27,97% du capital de la société de services informatiques, ce qui en ferait son premier actionnaire.

Cette position résulte de la créance détenue par CA CIB sur Sava & Cie, la holding luxembourgeoise de Yazid Sabeg détentrice de 45,7% du capital de CS. Le montant de la dette souscrite auprès de la banque s’élèverait à environ 25 millions d’euros, selon une source proche du dossier. Elle a été garantie en 2005 par un peu plus de 1,76 million d’actions CS nanties au profit de la banque. Son objet: financer la participation de Sava & Cie lors des différentes augmentations de capital réalisées par CS dans les années 2000 afin de restaurer ses fonds propres.

Or, depuis plusieurs mois déjà, Sava & Cie ne peut plus honorer ses dettes, dont le montant total s’élèverait à près de 60 millions d’euros. L’entrée annoncée d’un nouvel investisseur n’a jamais eu lieu. Face à cette situation, Cira Holding, le second créancier de la société luxembourgeoise de Yazid Sabeg, a donc exigé l’attribution des actions CS nanties à son profit, soit 16,13% du capital de la SSII. Ces titres n’ont toujours pas été transférés.

Pour l’instant, CA CIB n’a pas exigé l’attribution des actions auxquelles il a droit. La banque se trouve dans une position inconfortable. Impliqué dans la holding de tête de Yazid Sabeg, le Crédit Agricole l’est également chez CS. Il est l’une des principales banques de la SSII. Or, depuis qu’elle a brisé fin 2010 l’un des covenants adossés à sa dette bancaire, la SSII tente de trouver une solution de recapitalisation. Compte tenu de l’amélioration des résultats opérationnels de CS, les banques avaient renoncé aux clauses d’exigibilité anticipée en 2011 puis en 2012, mais un accord doit être obtenu avant la fin 2013.

CS portait fin juin 2012 une dette de 19,8 millions d’euros pour 13,8 millions de fonds propres, des montants qui ne tiennent pas compte de la cession ultérieure à Sanef de sa division spécialisée dans les systèmes de péage autoroutier. Contacté, CA CIB n’a pas répondu aux questions de L’Agefi.

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