Le cimentier Holcim redouble de prudence pour 2011
L’activité et les résultats d’Holcim ont tous deux déçu les attentes des investisseurs au deuxième trimestre. Affichant un bénéfice net en chute de 13% à 347 millions de francs suisses et un chiffre d’affaires en recul de 11% à 5,49 milliards, le groupe cimentier a dû faire face à une demande atone sur le marché nord-américain, une tendance qui «devrait persister jusqu’à l’année prochaine», a prévenu le directeur général Markus Ackermann. Le Vieux Continent est loin de pouvoir assurer un relais de croissance, alors que les dernières statistiques ont fait état d’un repli séquentiel de 1,8% de la production du secteur de la construction en zone euro au mois de juin, et de 1,3% dans l’Union.
La marge d’exploitation du deuxième cimentier mondial «a chuté de 240 points de base lors du deuxième trimestre, un niveau proche de ceux de Cemex et de Lafarge», commente Serge Rotzer, analyste chez Vontobel. En plus de l’impact négatif sur sa rentabilité des coûts élevés de l’énergie, des matières premières et des transports, l’appréciation du franc suisse face aux autres devises a réduit le chiffre d’affaires et le bénéfice d’exploitation de respectivement 916 millions et 203 millions de francs.
«A ma connaissance, cet impact n’a jamais été aussi fort», commente Martin Huesler, analyste à la Banque Cantonale de Zurich. La vigueur de la devise helvétique a réduit à néant les bonnes performances affichées en monnaies locales par des filiales situées dans les pays émergents (Asie et Amérique latine). Le cash flow d’exploitation trimestriel a baissé de 48% à 609 millions d’une année sur l’autre, tandis que l’endettement net a augmenté de 7,4% par rapport à fin décembre 2010.
Estimant difficile d’anticiper l’évolution de la conjoncture dans les prochains mois, Holcim table sur un excédent brut d’exploitation (Ebitda) opérationnel «proche de celui de l’an dernier» grâce à un deuxième semestre «un peu meilleur que le premier», selon le directeur financier Thomas Aebischer. Entre avril et juin 2011, cet indicateur s’est replié de 20% à 1,1 milliard de francs. Pour combler cet écart, le groupe espère donc être en mesure de répercuter la hausse de ses coûts externes sur sa clientèle, ce qui semble loin d’être assuré. Dans des marchés fortement baissiers, l’action Holcim a chuté de 8% à 44 francs suisses, tandis que celle de son concurrent allemand HeidelbergCement a perdu 9,5% à 29,1 euros.
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