Le CAC 40 ne valorise plus qu’une fois ses fonds propres
Signe des inquiétudes du marché en l’avenir, les sociétés du CAC 40 n’ont jamais été aussi mal valorisées depuis six ans, constate le sixième «Profil financier du CAC 40» réalisé par le cabinet Ricol Lasteyrie. Elles ne valent plus qu’une fois leurs fonds propres (ratio price to book) contre plus de 2 fois en 2006 et 2007. Les incorporels non inscrits au bilan, notamment les marques créées en interne, ne sont donc plus valorisés.
Fin 2011, 15 sociétés affichaient une valorisation inférieure à leurs fonds propres contre 9 un an plus tôt. Seul Essilor affiche un ratio supérieur à 3. Le secteur financier, le seul en récession l’an dernier avec un recul de 4% du PNB, pèse particulièrement avec un ratio de 0,5, contre 1,5 avant la crise. Le secteur automobile est encore plus mal valorisé avec des ratios price to book de 0,2 pour Peugeot et 0,3 pour Renault.
Quant aux entreprises des industries régulées (énergie, services aux collectivités, télévision et télécoms), elles peinent à dépasser le ratio de 1, leur rentabilité étant limitée par les aléas réglementaires. Seul le secteur des biens et services aux consommateurs s’en sort avec un price to book de 1,9. «Les sociétés correctement valorisées sont celles qui ont fait le choix de l’internationalisation hors d’Europe», constate Sonia Bonnet-Bernard, associée gérante de Ricol Lasteyrie. Notamment Essilor, Air Liquide, LVMH, L’Oréal, Danone et Pernod Ricard. Entre 2006 et 2011, la part du chiffre d’affaires du CAC 40 (hors financières) réalisée hors d’Europe est passée de 27% à 38%.
Marque de cette défiance du marché dans les perspectives de création de valeur, il ne payait fin 2011 que 9 fois les résultats attendus du CAC 40 pour 2012. Et depuis le début de l’année, les prévisions ont été abaissées de 8%. Le PE 2011 ressort à 12, contre une moyenne long terme de 15.
Malgré cette piètre valorisation, les indicateurs des entreprises sont positifs: le chiffre d’affaires du CAC 40 a crû de 4% l’an dernier à 1.322 milliards d’euros, la marge opérationnelle progresse de 0,4 point à 9,5%, et les investissements rebondissent de 11% à 86 milliards d’euros. En revanche, le bénéfice net des sociétés de l’indice recule de 10% à 74 milliards, sous le coup de la crise bancaire et des dépréciations d’actifs. Les seules dépréciations de goodwills ont explosé à plus de 9 milliards, contre 2 milliards en 2010.
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