Le câblo-opérateur Charter fait flamber sa dette
Les acquisitions de Time Warner Cable (TWC) et de Bright House par Charter Communications peuvent laisser les investisseurs obligataires perplexes. Devant payer au total 65 milliards de dollars, Charter a indiqué qu’il allait emprunter environ 25 milliards, dont 23 pour TWC.
Ce montant pourrait encore augmenter: «En fonction de l’option que choisiront les actionnaires de TWC pour la part versée en numéraire [100 ou 115 dollars, ndlr], Charter aura besoin de lever entre 25 et 29,3 milliards en nouveaux crédits», avertit CreditSights. Le groupe a signé un engagement pour 31 milliards de dollars de dette, en prenant en compte quatre milliards sous forme de crédit-relais et une ligne renouvelable accrue de 1,7 milliard (à trois milliards). Les banques retenues sont Bank of America, Credit Suisse, Goldman Sachs et UBS.
Les dettes existantes des sociétés sont maintenues en l’état (23,3 milliards pour TWC et 13,9 milliards pour Charter). Certains investisseurs obligataires, notamment ceux de TWC, s’inquiètent de la dégradation du bilan et des notations de leurs souches. Avant l’opération, Charter affichait un levier de dette nette de 4,67 fois l’Ebitda et TWC de 2,97. Le nouvel ensemble affichera un levier estimé à 4,79 fois, voire 5 si les actionnaires de TWC optent pour l’option à 115 dollars. Soit l’un des plus élevés du secteur: le multiple d’endettement de Comcast, son grand concurrent, atteint 2,2.
Les clauses du contrat de crédit accordent une grande souplesse à Charter: l’opérateur pourra émettre prêt bancaire, second-lien et/ou obligations à haut rendement (high yield). Sa volonté de structurer le financement de telle sorte que la dette de TWC ne soit pas dégradée en catégorie spéculative n’est pas une garantie de succès. Moody’s et S&P indiquent qu’ils pourraient dégrader TWC (noté aujourd’hui respectivement Baa2 et BBB) de plusieurs crans. S&P est la seule agence à préciser qu’il devrait rester en catégorie investment grade.
CreditSights s’attend donc «à ce que les obligations Charter sous-performent étant donné la possibilité que la dette existante de TWC et une portion des titres nouveaux soient structurellement prioritaires par rapport aux obligations Charter existantes». Pourtant, S&P et Moody’s ont indiqué qu’elles pourraient réviser à la hausse la note de Charter (BB- et Ba3): «La proportion de capital des deux acquisitions (environ 41 milliards de dollars) va provoquer [...] une forte génération de trésorerie libre», justifie notamment Moody’s.
Plus d'articles du même thème
-
Saxo Banque structure son offre pour ses clients les plus fortunés
La banque d'investissement en ligne propose désormais une offre haut de gamme en misant sur un accompagnement personnalisé et un accès renforcé à ses équipes de marché. -
Man Group décollecte 1,6 milliard de dollars au premier trimestre 2026
Le gestionnaire d’actifs alternatif est tout de même parvenu à légèrement augmenter son encours depuis le début de l’année. -
Meridiam signe un projet de 5 milliards de dollars au Moyen-Orient
Le gestionnaire d’actifs, qui a levé 5 milliards d’euros en 2025, a engagé plusieurs opérations structurantes, dont un projet hydrique majeur en Jordanie. Parallèlement, Meridiam cherche à davantage ouvrir ses fonds aux investisseurs particuliers.
ETF à la Une
Les investisseurs en ETF se détournent des actions européennes
- La banque Delubac taille dans ses effectifs pour faire face à des difficultés financières
- Bouygues Telecom, Orange et Iliad engagent une consolidation historique des télécoms
- Bouygues, Free et Orange entrent en discussions exclusives pour racheter SFR
- CNP Assurances se lance dans l’assurance vie 100% en ligne
- Les banques adaptent leur stratégie de marque à l'IA générative
Contenu de nos partenaires
-
Détroit d'Ormuz : l'Iran affirme avoir perçu ses premières recettes des droits de passage
Selon le vice-président du Parlement iranien, les premières recettes du péage du détroit d'Ormuz « ont été déposées sur le compte de la Banque centrale » iranienne. Par ailleurs, selon le Pentagone, il faudrait au moins six mois pour déminer le site -
Le cercle des initiésLes Etats-Unis poussent leurs pions sur la carte des métaux critiques
L’Agefi et l’Opinion passent toutes les semaines au laser des entreprises ou des secteurs qui ont fait l’actualité -
La Fabrique de l'Opinion« Nos cinq sens forgent nos valeurs, nos opinions, nos jugements. Or, ce réseau de canaux est abîmé »
Pollution et anesthésie sensorielle... Paul Klotz décrypte la destruction de notre « capacité à éprouver » et défend « un projet de société où l’on prenne davantage soin de l'expérience sensible »