Le Brésil ralentit le rythme de redressement de Vallourec

Le réal et les choix de Petrobas vont peser sur l’Ebitda de l’aciériste en 2013 et 2014 au moment où son usine brésilienne devait monter en puissance
Olivier Pinaud

La situation économique et politique brésilienne ne fait pas les affaires de Vallourec. Le fabricant de tubes en acier sans soudure ne profitera pas encore pleinement de la montée en puissance de son tout nouveau complexe industriel intégré (minerai, haut-fourneau, aciérie) qui a mobilisé 2 milliards d’euros d’investissements, dont près de la moitié apportée par le japonais Sumitomo.

Même si cette usine flambant neuve ne vise pas que le marché local brésilien, et doit aussi permettre de répondre à la demande de tout le continent jusqu’au sud des Etats-Unis, la dévalorisation du réal brésilien et le changement de stratégie industrielle à court terme de Petrobras, le premier client de Vallourec dans la région, vont peser sur les résultats, a reconnu la direction du groupe en fin de semaine dernière lors de deux journées investisseurs à Pittsburgh aux Etats-Unis.

Petrobras a choisi, notamment en raison de l’incertitude que fait peser l’approche des élections au Brésil, de concentrer ses efforts jusqu’en milieu d’année prochaine sur la production de pétrole des puits déjà forés plutôt que de lancer de nouveaux forages. Conséquence, le groupe pétrolier commandera à Vallourec des tubes moins lourds et donc moins chers.

La direction de Vallourec n’a pas chiffré précisément le coût potentiel de ces deux vents contraires, monétaires et industriels. Mais selon les analystes de BoA Merrill Lynch, il pourrait atteindre 20 à 30 millions d’euros au niveau de l’Ebitda pour 2013, par rapport à un consensus de 940 millions. En 2014, l’effet négatif pourrait représenter 10% de l’Ebitda attendu, soit plus de 117 millions d’euros.

La direction de Vallourec a insisté pour dire qu’il ne s’agit que d’un léger frein à l’amélioration attendue des performances de Vallourec et que cela ne remet pas en cause la progression «dans la durée de l’Ebitda et un retour à une génération récurrente de cash flows positifs». Le cours de l’action a toutefois chuté de 8,20% vendredi, à 45,28 euros, soit une perte de capitalisation boursière de plus de 510 millions d’euros. Porté par les perspectives de reprise économique, le titre Vallourec avait rebondi de 50% depuis la mi-avril.

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