Le brasseur nippon Asahi accélère sa croissance externe en Asie-Pacifique

Le groupe va racheter pour 1,3 milliard de dollars le producteur de boissons néo-zélandais Flavoured Beverages, sa plus grosse acquisition à ce jour
Yves-Marc Le Réour

L’Océanie constitue manifestement un terrain de diversification privilégié pour le brasseur Asahi. Après avoir annoncé en juillet dernier l’acquisition des boissons non alcoolisées de l’australien P&N Beverages et de Charlie’s Group en Nouvelle-Zélande, le premier brasseur nippon par les volumes va racheter dans ce dernier pays Flavoured Beverages pour l’équivalent de 1,3 milliard de dollars américains (900 millions d’euros).

Contrôlé par les fonds d’investissement Pacific Equity Partners et Unitas Capital, le quatrième producteur mondial de cocktails en bouteille, qui opère à travers ses filiales Independent Liquor en Nouvelle-Zélande et Independent Distillers en Australie, apportera au brasseur nippon «une source de croissance stable, même si l’Océanie est un marché plus petit que la Chine», explique Naoki Izumiya, président d’Asahi. Sa cible a réalisé l’an dernier un chiffre d’affaires de 315 millions de dollars avec une marge d’exploitation de 21,9%.

Cette acquisition est la plus importante réalisée à ce jour par Asahi, plus prudent que son concurrent Kirin en matière d’acquisitions à l’étranger. La prise de contrôle pour 800 millions de dollars des activités australiennes de Cadbury Schweppes en avril 1989 constituait auparavant sa plus grosse transaction. Au cours des 5 dernières années, il a déboursé l’équivalent de 2 milliards de dollars pour renforcer sa présence hors du Japon contre 12 milliards pour Kirin, selon Bloomberg.

Conseillé par Nomura et NM Rothschild pour cette opération, Asahi vise dans son plan stratégique une hausse comprise entre 34% et 68% de son chiffre d’affaires d’ici à 2015 par rapport à des ventes de 19,5 milliards de dollars en 2010. La part de son activité réalisée à l’étranger devrait alors se situer «entre 20% et 30%» contre moins de 7% l’an dernier. Il devra néanmoins «être capable de générer des synergies entre ses différents investissements à l’étranger», jugent les analystes de Mizuho Securities.

Le président d’Asahi a également déclaré qu’il n’avait pas l’intention de rentrer dans la bataille opposant SABMiller à l’australien Foster’s qui fait l’objet d’une offre hostile du brasseur britannique. Le groupe japonais entend préserver ses relations commerciales avec Foster’s qui distribue sa marque de bière Super Dry en Australie.

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