Le bonus de bienvenue du DG de Sanofi provoque l’ire du gouvernement
A peine la polémique sur les retraites chapeau enterrée avec la loi Macron, naît celle sur le bonus de bienvenue ou «golden hello» d’Olivier Brandicourt, nouveau directeur général de Sanofi. Une polémique largement nourrie hier par la classe politique: un bonus «incompréhensible» pour le porte-parole du gouvernement Stéphane le Foll, tandis que la ministre de l’Ecologie, Ségolène Royal, demande «un peu d’autodiscipline dans la décence des comportements», espérant que le nouveau patron du laboratoire français renonce à ses 4 millions d’euros de bonus.
En effet, «en contrepartie des avantages [non chiffrés, ndlr] auxquels il a renoncé» en quittant son poste de PDG de Bayer Healthcare, Olivier Brandicourt, âgé de 59 ans, percevra une indemnité de 4 millions d’euros, versée à hauteur de 50% le 2 avril lors de sa prise de fonction, et l’autre moitié en janvier 2016 s’il est toujours en poste. Il percevra en outre 66.000 actions de performance, sous conditions de performance mesurée pendant trois ans. En 2008, son prédécesseur Chris Viehbacher avait touché 2,2 millions d’euros en cash immédiatement, 200.000 options et 65.000 actions gratuites, le tout sans condition de présence.
Si cette pratique du «bonus de bienvenue» est fréquente à l’étranger, elle reste plutôt rare en France et avec des montants bien plus faibles qu’outre-Atlantique. Pour le moins, ce bonus aurait pu être accordé en grande partie sous conditions de performance et non en cash. Au-delà de la polémique, il révèle la difficulté à recruter un patron, notamment dans le secteur pharmaceutique où les rémunérations sont particulièrement élevées.
Par ailleurs, Olivier Brandicourt percevra une rémunération fixe annuelle de 1,2 million d’euros (contre 1,26 million au titre de 2014 pour son prédécesseur) et une rémunération variable cible de 150%, plafonnée à 250% du fixe (contre un plafond de 200% pour Chris Viehbacher), soit une part variable qui peut atteindre 3 millions. Un multiple particulièrement élevé, mais le code Afep-Medef ne fixe pas de limite. S’y ajoute l’attribution annuelle de 220.000 options (240.000 attribuées en 2014 à Chris Viehbacher) et de 45.000 actions de performance (comme avant).
De plus, le nouveau patron bénéficiera d’une retraite chapeau, avec une ancienneté de 10 ans – ce dont avait également bénéficié son prédécesseur en 2008 – d’une indemnité de départ correspondant à deux ans de rémunération totale et d’un engagement de non-concurrence.
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