L’avenir de la SNCM n’est toujours pas définitivement tranché
La Société nationale Corse-Méditerranée gagne un peu de temps. Une nouvelle réunion de médiation entre direction, syndicats et actionnaires de la SNCM a été programmée pour le 18 novembre pour évoquer l’avenir de la compagnie maritime menacée de redressement judiciaire. Le médiateur Gilles Bélier a proposé «un temps de travail supplémentaire», a indiqué la CFE-CGC, dans une déclaration écrite, hier à l’issue d’une réunion à la préfecture.
La mise en redressement judiciaire de la SNCM n’a donc toujours pas été tranchée. Au regard des passifs de la société de ferries, la solution paraît néanmoins inéluctable. C’est une «probabilité forte dans un proche avenir», a reconnu hier le secrétaire d'État aux Transports Alain Vidalies. «L’objectif du gouvernement est effectivement, dans cette hypothèse, de sauver un maximum d’emplois, grâce au maintien de la délégation de service public (DSP) dans la transmission au repreneur», a ajouté le secrétaire d’Etat en réponse à une question posée par le député PRG de Haute-Corse Paul Giacobbi. L’Etat détient en direct 25% du capital de la SNCM. Avec 66% du capital, le premier actionnaire est Transdev, la coentreprise de transports en commun de la Caisse des dépôts et de Veolia Environnement. Le solde du capital est détenu par les salariés de la SNCM.
Depuis plusieurs semaines, les actionnaires poussent pour une mise en redressement judiciaire. La solution permettrait de rendre plus attractive la SNCM pour un éventuel repreneur. Selon Reuters, plusieurs repreneurs se sont positionnés sur la base du plan de restructuration élaboré par le président du directoire de la SNCM, Olivier Diehl. La société américaine Baja Ferries a engagé des négociations directes avec Transdev en mars. Stef TFE serait aussi sur les rangs. Les discussions avec le groupe norvégien SIEM Industries ont en revanche été abandonnées.
Reste la question du remboursement des aides indues réclamées par la Commission européenne. La Cour de justice de l’Union européenne, rejetant les recours de la France, a confirmé en septembre que la SNCM devait rembourser 205 millions d’euros d’aides d’Etat, auxquelles s’ajoutent 220 millions d’euros de subventions. La décision de placer la société en «absence de continuité de l’activité économique» permettrait d’apurer ces passifs mais compromettrait un éventuel plan de reprise, ce qui alourdirait la casse sociale.
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