L’avenir d’Alitalia se joue aujourd’hui

Prévu hier, le conseil d’administration de la compagnie a été reporté d’une journée alors que l’Etat s’est efforcé hier de boucler un plan de sauvetage
Olivier Pinaud

Alitalia court contre le temps. Prévu initialement hier, le conseil d’administration de la compagnie aérienne italienne au bord de la cessation de paiement a été reporté d’une journée. Vingt-quatre heures supplémentaires nécessaires pour trouver une solution alors que le pétrolier Eni menace de couper ce week-end ses approvisionnements en kérosène compte tenu de l’ardoise accumulée par Alitalia, estimée à plus de 30 millions d’euros.

Hier soir, le gouvernement italien s’est activé pour dénicher les quelques centaines de millions d’euros dont a besoin la compagnie aérienne à brève échéance pour faire face à ses besoins. L’exécutif a confirmé que la Poste italienne était prête à s’associer à la compagnie aérienne et à prendre part à une augmentation de capital. Alors qu’Alitalia nécessiterait de lever au moins 455 millions d’euros auprès des actionnaires et des créanciers, la Poste pourrait injecter jusqu'à 100 millions d’euros en capital, rapportait hier soir le Wall Street Journal.

La compagnie ferroviaire nationale Ferrovie dello Stato serait aussi de la partie en apportant une «modeste contribution» a indiqué son président. En revanche, la Cassa Depositi et Prestiti ne devrait pas être associée au sauvetage. De leurs côtés, les banques débloqueraient une ligne de crédit de 200 millions d’euros. En échange de cette intervention publique, le gouvernement réclamerait un changement d'équipe dirigeante à la tête de la compagnie aérienne et un plan d’affaires révisé.

Avec cette solution forcément transitoire, le président du Conseil, Enrico Letta, souhaite éviter que des intérêts étrangers ne profitent des difficultés d’Alitalia pour prendre possession à vil prix d’un actif par nature stratégique pour un Etat.

Néanmoins, à moyen terme, un accord paraît inévitable avec Air France-KLM qui détient 25% du capital de la compagnie aérienne italienne depuis 2008. Le président du Conseil d’alors, Silvio Berlusconi, qui avait fait du dossier l’un des ses chevaux de bataille électorale, avait fait barrage en orchestrant la constitution d’un groupe de 21 investisseurs italiens toujours présents au tour de table. Une réorganisation du capital qui n’a pas permis à la compagnie de résister à la crise. Depuis cinq ans, Alitalia a perdu en moyenne 700.000 euros par jour.

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