L’ancienne direction de Porsche remporte une victoire judiciaire aux Etats-Unis
L’ancienne direction de Porsche a obtenu un non-lieu de la cour d’appel de New York hier, dans le procès qui l’opposait à 26 fonds alternatifs, ces derniers accusant le constructeur allemand de leur avoir causé plus d’un milliard de dollars de pertes en manipulant les cours du titre Volkswagen. Les investisseurs reprochent à l’ancienne direction de Porsche des déclarations publiques mensongères lors de l'échec de l’OPA lancée sur Volkswagen en 2008-2009.
Selon eux, l’ancien président du directoire de Porsche Wendelin Wiedeking et son directeur financier de l'époque, Holger Härter, envisageaient de racheter VW tout en affirmant publiquement le contraire, notamment en mars 2008, lorsqu’ils avaient qualifié de «rumeurs» les informations de presse circulant à ce sujet. Sept mois plus tard, le constructeur dévoilait contre toute attente disposer d’options lui permettant de prendre le contrôle de près de 75% de VW, ce qui avait fait monter son titre en Bourse à plus de 1.000 euros. En l’espace de seulement quelques jours, le groupe allemand devenait momentanément la plus forte capitalisation boursière au monde, alimentant les soupçons de manipulation de cours.
Les investisseurs qui pensaient jusqu’ici que la valorisation de VW était injustifiée, avaient parié à la baisse sur le titre VW, en empruntant des titres qu’ils avaient par la suite vendus et ont au final accusé de lourdes pertes. La cour d’appel de New York a reconnu, comme le plaidait Porsche, que le procès n'était pas de son ressort, mais plutôt de celui de la justice allemande, auprès de laquelle une plainte a également été déposée.
La Cour estime en effet que les plaignants n’ont pas suffisamment prouvé que l’affaire avait un véritable lien avec l’Etat de New York. En outre, l’action VW n’est pas cotée aux Etats-Unis et de nombreux témoins et documents sont en Allemagne, a ajouté la Cour pour justifier sa décision. En août, la justice américaine avait rejeté une motion du constructeur allemand demandant de rejeter les poursuites.
Cette décision de justice signe une lourde défaite pour les investisseurs qui pensaient pouvoir se tourner vers les Cours des Etats américains pour les affaires de fraudes concernant des groupes étrangers. Les ex-dirigeants de Porsche restent toutefois sous le coup de poursuites judiciaires en Allemagne.
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