L’AMF suspecte Guy Wyser-Pratte de délit d’initié
Après un an d’investigations, l’Autorité des marchés financiers a achevé l’enquête pour manquements d’initiés ouverte à l’encontre de Guy Wyser-Pratte et de plusieurs autres actionnaires ou dirigeants d’Electricité et Eaux de Madagascar (EEM). Une «lettre circonstanciée» datée du 23 novembre a été envoyée par l’AMF aux personnes concernées, a appris L’Agefi de plusieurs sources. Ces personnes ont un mois pour répondre aux faits et aux éléments de droit détaillés dans ce courrier de trois pages. Passé ce délai, le rapport d’enquête sera ensuite transmis au Collège de l’AMF qui décidera, ou non, de l’ouverture d’une procédure de sanction.
Les faits remontent à la mi-2010. A cette époque, EEM négocie la cession de sa chaîne d’hôtels vietnamiens Victoria au groupe Thien Minh. Mis en relation par un intermédiaire, Frédéric Doulcet, alors directeur général d’EEM, aurait averti Guy Wyser-Pratte de ce projet. Le 30 août 2010, l’homme d’affaires franco-américain prévient l’AMF qu’il a franchi, le 25 août, le seuil de 5% du capital d’EEM, soit deux jours seulement après l’annonce de l’ouverture officielle des négociations avec Thien Minh. Or, la faible liquidité du titre EEM ne permet pas de constituer un bloc de 5% en seulement deux jours.
Selon une source proche, Guy Wyser-Pratte a déjà expliqué à l’AMF l’origine de ces transactions lors de son audition et renouvellera ses explications dans son prochain courrier, carnets d’ordres à l’appui. Il indique que les titres ont été acquis après lecture d’un premier communiqué du groupe Thien Minh annonçant l’ouverture de discussions avec un partenaire étranger afin d’acquérir des hôtels dans le pays. La bonne connaissance du secteur aurait permis à l’homme d’affaires de porter son attention sur EEM, ajoute cette source, qui évoque une tentative de déstabilisation alors que Guy Wyser-Pratte a tenté l’an dernier de faire sauter la commandite de Lagardère.
Cette procédure intervient en pleine bataille entre Guy Wyser-Pratte et François Gontier, PDG et premier actionnaire d’EEM, pour le contrôle du holding. Les deux hommes, un temps associés dans plusieurs affaires fameuses comme Strafor-Facom, ont porté plainte l’un contre l’autre, pour abus de biens sociaux et pour délits d’initiés. L’assemblée générale du 19 décembre doit permettre de départager les deux blocs d’actionnaires. A moins que les recours déposés auprès du tribunal de commerce entraînent un report.
Plus d'articles du même thème
-
La stratégie de TotalEnergies paie à tous les étages
Le pétrolier a confirmé ses objectifs à l'horizon 2030 et donné de la visibilité au-delà. Il annonce aussi une hausse de son dividende de 5% par an sans renoncer à ses ambitions dans l’électricité. -
Les paris sont lancés sur le futur directoire de la BCE
Les deux tiers des postes seront renouvelés d’ici à fin octobre 2027. Les tractations vont probablement s’accélérer en vue d’accords précédant l'élection présidentielle françaises. Pas sûr qu’elles aboutissent cependant avant le départ effectif d’Isabel Schnabel le 3 janvier prochain. -
La ruée vers le Luxembourg grippe les ouvertures de contrats d’assurance-vie
Suscitant un attrait croissant auprès des épargnants français, l’assurance-vie luxembourgeoise voit affluer les souscriptions. Mais les assureurs peinent à suivre le rythme, entraînant un allongement des délais d’ouverture des produits d'épargne.
ETF à la Une
Les secrets de la performance record d'un ETF sur le fret maritime
- Le nouveau cadre SFDR se précise mais des désaccords demeurent chez les professionnels
- Le Crédit Agricole lance avec Amundi son offensive dans le capital naturel
- La France recule au 29ᵉ rang mondial du classement retraite de Natixis IM
- L’Europe lance un Pacte des investisseurs institutionnels européens pour la tech européenne
- Les assureurs ont orienté leurs achats vers la dette longue en 2025
Contenu de nos partenaires
-
Royaume-Uni : Andy Burnham au défi de reconquérir sa base
Les militants du Labour veulent donner sa chance au Premier ministre, dont les débuts à Downing Street sont appréciés. Mais il va devoir présenter rapidement des résultats concrets pour convaincre -
Guerre des nerfsAu procès de Rachida Dati, une défense au bazooka face à de lourdes réquisitions
Les avocats de l'ancienne ministre accusée de corruption dans l'affaire Renault-Nissan ont tenté d'affaiblir la démonstration du PNF sur du lobbying supposé à Bruxelles -
Machine arrièreChoc fiscal : 37 milliards déjà, et ce n'est pas fini...
Selon le nouveau bilan des prélèvements obligatoires dressé par l'Institut Rexecode, les hausses d'impôts enregistrées depuis la dissolution ont déjà annulé la moitié des baisses menées depuis 2014. Sans parvenir à faire diminuer le déficit public pour autant