L’AMF inflige une amende de 8 millions d’euros à LVMH
Huit millions d’euros, c’est l’amende infligée par la commission des sanctions de l’AMF à LVMH pour ne pas avoir informé le marché en temps et en heure de son irruption dans le capital d’Hermès. Le collège de l’AMF avait requis fin mai une sanction de 10 millions d’euros. Le groupe de luxe a fait savoir dès hier soir qu’il faisait appel de cette décision.
Après avoir écarté les moyens de procédure soulevés par LVMH, la commission des sanctions a rejeté un premier grief. Même si la comptabilisation sous deux rubriques distinctes de la participation de 4,9% acquise en dur avant 2008 s’est faite de manière dérogatoire par rapport aux habitudes du groupe, le régulateur n’y a pas vu un manquement à l’obligation de donner une information précise et sincère s’agissant d’une participation inférieure au seuil de 5%.
Le deuxième grief portait sur un défaut d’information du public quant à la préparation d’une opération financière dans le cadre du recours à des contrats dérivés ELS (equity linked swap). Ces contrats conclus avec trois banques permettaient à LVMH «d’acheter économiquement» les titres Hermès sans avoir à en acquérir la propriété. Leur débouclage a permis à LVMH de monter directement à 14% du capital puis à 17%. La commission a considéré que LVMH aurait dû avertir le marché de cette opération dès le 21 juin 2010, date à laquelle le groupe a obtenu de deux banques le feu vert à un dénouement anticipé en titres, et non pas le 23 octobre 2010 comme il l’a fait.
Tout en soulignant que la condition d’une incidence significative sur le cours d’un instrument financier, qui délimite le champ d’application de l’obligation d’information, est pleinement remplie, la commission a reconnu comme «incontestable» le projet initial d’un dénouement en numéraire de tous les ELS. «(...) Pour autant; la seule recherche d’un profit financier rend difficilement explicable les modalités particulières de ces contrats et les mesures prises pour masquer leur existence, indices dont la réunion est révélatrice, à tout le moins, d’une ambivalence de LVMH», peut-on lire dans la décision. Ces modalités concernent notamment la répartition des ELS entre plusieurs banques ou leur conclusion par des filiales étrangères.
Dans un communiqué, LVMH s’est étonné de la «très grande faiblesse de cette décision tant sur le plan juridique, que sur l’analyse totalement erronée des faits qu’elle contient». Le groupe a par ailleurs noté que le seul grief retenu concerne ce retard de 4 mois dans la déclaration et que «cette décision ne remet aucunement en cause la légalité de l’opération (...)».
Plus d'articles du même thème
-
La BCE s’inquiète du levier des hedge funds sur les marchés obligataires
Le dernier rapport de stabilité financière analyse le levier croissant des hedge funds sur les marchés obligataires souverains via les stratégies d’arbitrage dites «basis trade». Des positions massives financées par les marchés de «mise en pension» («repo»), qui font peser un risque de ventes forcées et de volatilité accrue en périodes de stress. -
La France s’attend à la clémence de S&P
Ni le déficit budgétaire, ni l’instabilité politique, ni même la dégradation de l’économie mondiale liée à la crise au Moyen-Orient ne devraient trop peser sur la notation de l’agence, qui sera dévoilée vendredi. -
Le Maroc a bouclé sa plus importante émission en euros
Le pays a émis 2,25 milliards d’euros d’obligations en deux tranches à 8 ans et 12 ans, malgré le contexte de marché volatil, témoignant de la profondeur de ce marché.
ETF à la Une
La Bourse de Corée lance des ETF à levier sur Samsung et SK Hynix
- Arkema et Solvay ont adopté des stratégies de croissance divergentes
- Richemont surnage dans un secteur du luxe à l’arrêt
- BP renvoie son président pour des «manquements inacceptables»
- Avec Redion, Generali crée un géant de l’assistance et des avantages aux salariés
- LCL détaille les promesses de son plan stratégique sans parvenir à emballer
Contenu de nos partenaires
-
Démonstration de forcesAttal, Philippe, Retailleau : le match des meetings
Même dans un monde numérisé, le bon vieux meeting reste un incontournable. Il permet de mobiliser les troupes, de montrer les muscles, d'afficher l’unité. Mais peut être ravageur en cas de salle clairsemée -
FeuilletonLes Etats-Unis et l’Iran reprennent leur bras de fer... en attendant un deal ?
Après avoir multiplié les échanges de tirs, les deux pays auraient établi un cadre d'accord mais celui-ci n'a pas été validé par Donald Trump -
Old schoolAttal, Philippe, Retailleau : trucs et astuces pour réussir un meeting
Quel est le meilleur « ambianceur » entre les dirigeants de Renaissance, d'Horizons et des Républicains ? Gabriel Attal va bénéficier de l'expertise des Jeunes avec Macron mais Edouard Philippe et Bruno Retailleau sont tout autant déterminés à mettre le feu